Ile Maurice: Et c'est reparti...

28 Novembre 2020

Démagogie et populisme sont monnaie courante en démocratie, et nous ne sommes pas épargnés par ces deux fléaux qui touchent plusieurs régimes démocratiques. À chaque fois que les médias font état d'un meurtre ou d'une personne qui est tuée, des voix se mettent à hurler au rétablissement de la peine de mort.

Toujours les mêmes voix, ou bien de nouvelles voix, dépendant des circonstances et sans doute des agendas politiques des différents partis. On pose souvent la question, au sujet de celles ou ceux qui sont contre la peine capitale, que si c'était leur enfant qui était tué sauvagement, est-ce qu'il défendrait la même position ?

En restant sur le même terrain, on pourrait inverser la question en demandant à la personne qui défend la peine de mort : aurais-tu la même position si c'était ton enfant qui avait tué quelqu'un d'autre, de manière accidentelle ou volontaire ?

Car, dans les deux cas où ces questions sont posées, c'est dans une ambiance médiatique tumultueuse et passionnelle, et la réaction ne peut être que passionnelle.

Remettre sur le tapis cette punition ultime (qui n'est pas une punition, en réalité, car punir suppose qu'un individu puisse s'améliorer) revient périodiquement au gré du battage médiatique.

Cela demande un sacré travail sur soi et sur la société que de refuser que la vengeance soit institutionnalisée.

Et encore, à y regarder de plus près, il ne s'agit pas de vengeance concernant la peine de mort, car l'État qui décide de tuer un individu ne se venge pas, il n'a, en effet, aucun lien, ni aucune haine ou aucune colère contre le coupable qu'il s'agit d'éliminer.

On reconnaît une justice véritable et forte lorsque celle-ci décide de traiter un suspect ou un condamné avec respect, c'est-à-dire lui donner un procès équitable et le traitait, durant le procès, de manière respectable.

Cela ne veut pas dire reconnaître le bienfait de ses actes, évidemment, mais que le milieu carcéral se doit de traiter l'inculpé ou le condamné de manière humaine.

C'est en général ce qu'il se passe dans beaucoup de pays qui essaient de faire fonctionner la justice le mieux possible, mais la tentation à vouloir enfreindre ce traitement est parfois grande, car quelqu'un dont les actes commis ont été atroces ne mérite, pour certains, au moins le même traitement qu'il a fait subir à sa victime, au plus, un traitement pire.

Et c'est là que faire parler ces émotions destructrices, ces rancœurs, ces rancunes, ces ressentiments, et légiférer sous l'emprise de toutes ces passions n'a pas vraiment de sens, car la justice ne se pense pas et ne se rend pas à coups de colère et de mépris.

Plus de: L'Express

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