Sénégal: Les principales doléances des députés

28 Novembre 2020

Les députés se sont réunis hier, vendredi 27 novembre, en séance plénière pour l'examen du projet du budget du ministère de l'Agriculture et de l'équipement rural.

Au cours des débats, les parlementaires se sont largement penchés sur l'amélioration des conditions de travail des agents du ministère de l'agriculture, la commercialisation de l'arachide en demandant à l'Etat de soutenir davantage la Sonacos dans la collecte des graines d'arachides.

Aussi, ont-ils plaidé pour une hausse du budget de la Direction de la protection des végétaux (Dpv) afin que celle-ci puisse protéger les végétaux contre les insectes.

En séance plénière pour le vote du budget du ministère de l'Agriculture et de l'équipement rural, les députés de la 13ème législature ont attiré l'attention du ministre Moussa Baldé sur la nécessité de renforcer ses moyens de la direction de la protection des végétaux (Dpv).

Ils signalent que lors de la précédente campagne, il a été noté la présence entre autres des rats, des criquets et des insectes piqueurs-suceurs, notamment au niveau des rizières.

Ainsi, ils ont plaidé pour la hausse de la dotation budgétaire de la Dpv, afin qu'elle puisse protéger efficacement les végétaux contre toutes sortes d'insectes et d'espèces ravageuses et surtout se parer à toute éventualité d'une évasion acridienne.

«Je demande qu'on renforce davantage les capacités de la DPV, parce que c'est une structure extrêmement importante.

Il est urgent aujourd'hui que la Dpv puisse disposer d'unités aériennes de traitement. Donc, il nous faut des hélicoptères de traitement. C'est indispensable.

Les techniciens qui sont là connaissent déjà la biologie des ravageurs. Donc, il faut des moyens pour lutter contre ces ravageurs. Il faut envoyer les jeunes en formation. Il faut qu'ils se spécialisent dans ces domaines», a plaidé le député Cheikh Seck.

Les députés ont aussi souhaité une hausse du financement prévu pour la campagne de commercialisation, tout en s'interrogeant sur les mesures prévues par le département, afin que la Sonacos soit davantage alimentée en graine.

«L'Etat subventionne les semences, l'engrais alors qu'il ne peut pas avoir la priorité dans la vente de l'arachide. Parce que la majeure partie de la production arachidière est achetée par les Chinois.

Cela me dérange beaucoup. Les Chinois n'ont rien investi dans la culture de l'arachide. On devait trouver un mécanisme pour mieux encadrer cela et accorder la priorité à la Sonacos», a soutenu le député Aïda Mbodj.

Abondant dans le même sens, le député Awa Guèye soutient : « j'apprécie la libéralisation de la commerce de l'arachide et je salue le taxe sur l'exportation de 30 F le Kg décortiqué.

Je vous propose aussi de bloquer pour un temps, les exportations de graines d'arachide pour la reconstitution de notre capital semencier et également permettre à nos huiliers en particulier la Sonacos de pouvoir avoir de la matière première».

Beaucoup de députés ont interpellé le ministre sur les conditions de travail difficiles des agents du ministère de l'agriculture et de l'équipement rural.

L'Assemblée nationale a adopté le budget du ministère de l'agriculture et de l'équipement rural qui s'élève à 170 milliards 915 millions 801 mille 689 Fcfa en crédits de paiement et à 732 milliards 978 millions 417 mille 824 FCFA en autorisation d'engagement.

MOUSSA BALDE, MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DE L'EQUIPEMENT RURAL : « L'autosuffisance n'est pas seulement numérique, c'est aussi un comportement »

« L'autosuffisance, ce n'est pas seulement numérique. C'est un comportement. Peut-être que numériquement, ce qu'on a est supérieur à ce dont on a besoin sur le plan comportemental ».

C'est la réponse servie par le ministre de l'Agriculture et de l'équipement rural Moussa Baldé aux députés qui l'ont interpellé hier, vendredi, en séance plénière sur la question de l'autosuffisance en riz au Sénégal. « En 2012n le Sénégal produisait 200 mille tonnes de paddy au maximum.

En 2020, on a atteint une production de 1 million 400 mille tonnes, soit 1 million de tonnes de plus. On peut dire qu'on n'a pas encore numériquement atteint l'autosuffisance en riz mais en matière de riz entier, le Sénégal est autosuffisant.

Un Sénégalais consomme en moyenne 90 Kg de riz par an. Donc, on doit multiplier ce nombre par la population sénégalaise pour savoir la quantité dont on a besoin.

L'autosuffisance, c'est quand un Sénégalais veut manger du riz local, qu'il puisse le trouver dans la boutique. Jusqu'à présent, il y a des Sénégalais qui pensent que pour le riz au poisson, il faut avoir du riz importé», a-t-il expliqué.

Poursuivant, il indiquera que « techniquement, on avait divisé en deux les objectifs de l'autosuffisance en riz. On voulait 1 million de tonnes pour le riz irrigué et 600 mille tonnes pour le riz pluvial pour 2017.

Il se trouve qu'on a bien obtenu les 600 mille tonnes pour le riz pluvial et on n'a pas obtenu les 1 million de tonnes pour le riz irrigué.

Parce qu'on n'a pas pu faire la double culture». Selon lui, il y a des réajustements à faire pour qu'on ait une double culture. « Il y avait aussi des projets d'aménagements de 20 mille hectares qui était prévus dans la vallée.

Ce programme a eu des retards et a impacté sur les productions de la vallée. Donc, ces deux facteurs combinés nous ont probablement empêché d'avoir une autosuffisance numérique », conclut-t-il.

Plus de: Sud Quotidien

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