Afrique: Violences faites aux femmes - Fatou Bensouda s'attaque aux «crimes habituellement passés sous silence» et «impunis»

28 Novembre 2020

Au XXIe siècle, les violences à l'égard des femmes et des enfants entachent notre dignité humaine et nous devons les éradiquer pour de bon, note le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye, Fatou Bensouda.

Dans une Déclaration à l'occasion de la Journée internationale de l'élimination des violences faites les femmes, célébrée le 25 novembre dernier, elle relève que même si des progrès ont été réalisés dans la lutte contre l'impunité des auteurs de ces crimes, mais ils sont encore bien présents.

À l'occasion de la Journée du 25 novembre, consacrée à l'élimination de la violence à l'égard des femmes, «je m'associe aux appels lancés en faveur d'un monde où il n'y aurait plus de violences à l'égard des femmes et des enfants», a dit Fatou Bensouda, Procureur de la Cour pénale internationale de la Haye, dans une déclaration.

Des femmes et des jeunes filles à travers le monde sont encore victimes de crimes innommables, allant des violences sexuelles et à caractère sexiste, du harcèlement et de la traite de leur personne, aux contraintes de se marier dès l'enfance ou de devenir enfants soldats, déplore la Procureur.

Mme Fatou Bensouda reconnait que même si, des progrès ont certes été réalisés dans la lutte contre l'impunité des auteurs de ces crimes, mais ils sont encore bien présents.

«Il s'agit de crimes qui sont habituellement passés sous silence et qui restent impunis depuis trop longtemps. Leurs répercussions sur les femmes et les jeunes filles qui en sont victimes sont dévastatrices et entraînent parfois des séquelles irréversibles sur le plan physique et mental.

Les souffrances qui en découlent touchent également leurs familles et leurs communautés». Selon la maîtresse des poursuites de la CPI, la commémoration annuelle de cette journée permet à l'ensemble de la communauté internationale de dresser le bilan des progrès accomplis, mais aussi des difficultés et des obstacles qu'il reste à surmonter.

A son avis, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (la «CPI» ou la «Cour») «constitue un important instrument juridique dans la lutte contre l'impunité des auteurs d'atrocités.

Car, à partir de Document de politique générale relatif aux crimes sexuels et à caractère sexistes de mon Bureau, enquêtes et des poursuites ont pu être mené systématiquement sur les crimes sexuels et à caractère sexiste et sur les crimes contre les enfants ou touchant ces derniers.

Les accusations que nous avons présentées dans nos dossiers à charge et les succès que nous avons obtenus à l'audience en attestent».

Suffisant pour qu'elle garantisse que son «Bureau continuera à mettre tout en œuvre pour surmonter les obstacles et veiller à ce qu'une certaine forme de justice soit rendue aux victimes de ces crimes.

Ensemble, avec l'appui des autorités compétentes à l'échelle nationale, nous pouvons et nous devons mettre fin à l'impunité des auteurs des violences commises contre les femmes et les enfants, chacun de nous dans le cadre de nos mandats respectifs et complémentaires».

Pour Mme Bensouda, «au XXIe siècle, les violences à l'égard des femmes et des enfants entachent encore notre dignité humaine et il faut les éradiquer pour de bon.

Le Bureau du Procureur de la CPI mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et du crime d'agression, en toute impartialité et en toute indépendance», assure-t-elle.

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