Sénégal: Modernisation des chemins de fer - Une délégation canadienne au siège de DBF à Thiès

L'ancienne secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, Michaëlle Jean, à la tête d'une délégation canadienne, a visité mardi le siège de la société Dakar Bamako Ferroviaire (DBF) à Thiès, en vue d'un partenariat entre Ottawa et Dakar dans la réhabilitation et la modernisation du réseau ferroviaire sénégalais.

" On voudrait que dans les deux ou trois prochaines années que l'on soit assez avancé sur ce projet", a indiqué Michaëlle Jean, disant opter pour une échéance à court terme.

L'ancienne gouverneure du Canada s'adressait à des journalistes, après un tour dans les installations de DBF, où sa délégation avait été accueillie par l'administrateur général de DBF, Kibili Touré, et des responsables syndicaux du secteur.

Le partenariat pour la réhabilitation et la modernisation des chemins de fer du Sénégal se construira autour de deux grandes entreprises, "chefs de file" en matière de construction d'infrastructures, a-t-elle annoncé.

Il s'agira de Summa, qui a réalisé la finition de l'Aéroport International de Blaise Diagne (AIBD) et la société Aecon, "leader" dans les infrastructures au Canada.

Michaëlle Jean a noté que lors d'une rencontre avec le chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, les bases d'un protocole d'entente avaient été jetées, lequel se réalisera autour d'un échéancier et d'un plan d'exécution.

Mayacine Camara, Secrétaire d'Etat auprès du ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement a précisé que le projet va surtout concerner, dans un premier temps, le tronçon Dakar-Tambacounda pour relancer l'économie du secteur car la capitale du Sénégal oriental est un carrefour relié à des villes comme Kédougou ou Kidira ou encore Kayes (Mali).

"Le Canada, dans ce partenariat, apporte d'abord des garanties zéro endettement pour l'Etat sénégalais, avec une réflexion autour des redevances qui vont aussi vers l'Etat sénégalais", a ajouté l' ancienne gouverneure générale du Canada.

Pour elle, il s'agira d'un "vrai partenariat", inscrit "dans la réciprocité" et dans un esprit "gagnant-gagnant".

Le montage financier du projet "n'a pas encore été établi", a précisé toutefois M. Camara, tout en assurant qu'il "ne pèsera pas sur le budget de l'Etat".

Il s'agit d'un grand projet pour le Sénégal et l'Afrique, estime Michaëlle Jean, qui a relevé que "la question de l'émergence du développement dépend aussi de l'investissement qui peut être fait dans les infrastructures.

"La mobilité, la capacité de transformer des marchandises, y compris avec de l'équipement et un réseau ferroviaire qui permette une plus grande capacité à transporter des matériaux et produits lourds va être un tournant pour le Sénégal et pour toute la sous-région", a-t-elle soutenu.

La responsable canadienne a noté que son pays s'est construit et développé autour du chemin de fer, sur un immense territoire. Une manière pour elle de laisser entendre toute l'expertise que le partenaire canadien peut apporter dans la modernisation du réseau ferroviaire sénégalais.

Pour Mayacine Camar, il est attendu de ce futur partenariat un apport technique et au niveau de la rentabilité, ainsi que de l'efficacité dans ce secteur.

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