Ethiopie: La situation incertaine et précaire à Mekele laisse toujours planer l'inquiétude

Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien.

De rares informations commencent à filtrer après la revendication de la prise de la capitale du Tigré, Mekele, par l'armée fédérale samedi 28 novembre. La Croix-Rouge affirme par exemple que les hôpitaux de la ville sont débordés et manquent de tout. Pendant ce temps-là, la bataille des communiqués a repris, sans qu'il soit possible de les vérifier de source indépendante.

La journée du dimanche 29 novembre a été calme à Mekele, selon la Croix-Rouge. Pourtant, l'hôpital de la ville manque de tout : de nourriture, de médicaments et même de sacs mortuaires. La Croix-Rouge évoque aussi un millier d'Érythréens, arrivés affamés et démunis samedi dans la ville, après avoir marché depuis les camps où ils vivaient près de Shire.

De leur côté, les commandants de l'armée fédérale multiplient les déclarations rassurantes sur la situation, et notamment sur la menace que feraient peser désormais de possibles attaques des forces du TPLF ayant pris le maquis. Et à Humera, à la frontière soudanaise, la télévision d'État a affirmé que l'armée avait découvert 70 tombes et fosses communes dans l'enceinte de l'aéroport.

Mais les déclarations des belligérants restent toujours invérifiables, en l'absence de télécommunications et d'accès de la presse et des humanitaires à la région. On ignore notamment si des combats ont encore lieu, après l'annonce de la fin des opérations militaires par le gouvernement.

L'ONU redoute de graves exactions et appelle Abiy Ahmed à clarifier la situation « d'urgence »

Muette pendant 24 heures, la télévision tigréenne Tigray TV a repris ses émissions dimanche après-midi. Elle affirme que les combats continueraient à Adigrat. Images à l'appui, elle affirme aussi qu'un Mig-29, un avion de chasse de l'armée fédérale, aurait été abattu dans les montagnes à 60 kilomètres de Mekele. Un pilote, montré sur les images, aurait été fait prisonnier.

Le directeur du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi, s'est dit « très inquiet » sur le sort des 100 000 réfugiés vivant dans le Tigré. Réagissant à certaines informations faisant état d'enlèvements dans les camps où ils vivaient par l'armée érythréenne, il a affirmé qu'il s'agirait « de violations majeures des normes internationales » et a appelé le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à « clarifier » la situation « d'urgence ».

Plus de: RFI

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