Sénégal: Commune de Mont Rolland - Une profonde mutation en cours

29 Novembre 2020

Depuis quelques années, sous le magistère de l'actuel Maire Yves Lamine Ciss, les choses commencent à bouger à Mont Rolland, une commune de la région de Thiès. Cela au plan scolaire et sanitaire, sans compter la mobilité et l'approvisionnement en eau. Des efforts salués bien appréciés par les populations.

De part sa position géographique avantageuse, la commune de Mont Rolland (dans la région de Thiès), située dans les contreforts des collines du plateau du Cayor dans sa partie ouest, non loin de l'océan Atlantique, offre un décor divers caractérisé par un relief accidenté. Délimitée au Sud-ouest par le département de Tivaouane, elle s'étend sur 172 km2. Elle est limitée au Nord par la commune de Notto-Gouye Diama, au Sud par celle de Fandène, à l'Est par Chérif Lô et à l'Ouest par les collectivités territoriales de Djender et de Keur Mousseu.

Avant l'indépendance, ce pays des Ndut, une souche sérère qui a subi un métissage avec les peuls, entre autres minorités ethniques de la zone, avait comme principales sources de revenus l'agriculture et l'élevage.

Des activités florissantes jusqu'à l'avènement de la sécheresse des années 70 qui, petit à petit, a commencé à installer les populations de cette zone luxuriante dans la précarité. Cette situation a conduit les populations jeunes et les femmes à quitter la localité pour se rendre à Dakar ou à Thiès afin d'y gagner leur pain durant les neuf mois de la saison sèche. Ainsi, la déperdition scolaire prit de l'ampleur. Les enfants, filles comme garçons, tout comme des jeunes femmes travaillaient comme « Boy » ou « bonne » dans ces familles citadines moyennant un salaire modique.

Au fur et à mesure que les hivernages se succédaient et se ressemblaient, le retour au bercail pour cultiver les champs a cédé la place à l'exode rural. Un processus historique qui a fini par mettre à genoux le système éducatif dans une contrée où la première école construite en dur date de 1948. Un des défis majeurs lancés à l'actuelle équipe municipale qui, petit à petit, est en train de redresser la barre en misant sur la voie d'un développement endogène.

Arame Mbengue, une habitante de la commune, mouchoir de tête bien porté, dit attendre une amie pour se rendre à un baptême. Elle dit vivre à Thiès au domicile conjugal depuis une trentaine d'années. Outre sa présence à Mont Rolland lors de tels évènements familiaux, Arame Mbengue confie que ses deux petits enfants sont inscrits dans une école à Mont Rolland pour les éloigner du train-train quotidien de la ville de Thiès. Selon elle, ce choix a été fait par leur père parce qu'à Mont Rolland, l'environnement scolaire s'est beaucoup amélioré sous le magistère du Maire Yves Lamine Ciss et de son équipe municipale.

Un nouveau départ

Selon l'actuel maire de la commune de Mont Rolland, Yves Lamine Ciss, à son arrivée à la tête de la collectivité locale en 2009, les infrastructures scolaires étaient désuètes et de nombreuses classes sous forme d'abris provisoires recevaient des potaches.

Au plan pédagogique, les enseignants étaient démotivés, les parents découragés et les élèves abandonnés à eux-mêmes. « En 2009, lorsque nous arrivions à la tête de notre communauté rurale, la règle générale fut de constater qu'à Mont Rolland, les écoles affichaient zéro admis au Cfee, tout comme au concours d'entrée en sixième », a-t-il indiqué.

Dans le domaine de la santé, le maire soutient que la mortalité maternelle et infantile avait atteint un niveau alarmant faute d'équipements adéquats dans les postes de santé et de médicaments dans les cases de santé abandonnées, désertées par les populations. « À cela s'ajoutent des difficultés liées à la mobilité faute de pistes praticables surtout durant l'hivernage, période pendant laquelle beaucoup de villages sont coupés du chef-lieu à cause du ravinement ou des voies d'accès trop sablonneuses », a-t-il confié. Donc, pour se rendre dans beaucoup de villages, à l'époque, il fallait disposer de puissants véhicules ou galérer à bord d'une charrette.

Outre ces difficultés, Yves Lamine Ciss a aussi mis le doigt sur les souffrances des populations en termes d'accès à l'eau potable à Mont Rolland malgré sa vocation de château d'eau de Dakar à raison des nombreux forages installés sur son territoire et desservant la capitale. « En plus, l'unique forage qui fournissait de l'eau aux populations de notre commune souffrait d'une mauvaise gestion », a-t-il révélé. Pour ce qui était de l'accès à l'électricité, le maire rappelle qu'il n'y avait pas plus de quatre villages éclairés dans toute la commune de Mont Rolland.

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La construction d'un centre de santé en point de mire

Sachant que le secteur de la santé est la clef de voûte de tous les autres leviers du développement, la désertion des populations des structures sanitaires de proximité dans la pyramide sanitaire du pays est en train d'être corrigée à Mont Rolland. « Durant nos deux mandatures, nous avons pu, après des concertations avec les professionnels de la santé, agir sur l'amélioration du niveau d'équipement et la disponibilité des médicaments », a-t-il soutenu.

Selon lui, la subvention annuelle aux cases de santé est passée de 250.000 à 1.000.000 FCfa tandis que pour les postes de santé, elle est de 2.000.000 FCfa par an. « En termes de médicaments, notre subvention tourne autour de 5 à 6 millions, la case de santé de Fouloum a fini d'être transformée en poste de santé pour 50.000.000 FCfa et équipée avec une enveloppe de 5.000.000 FCfa », a-t-il affirmé. Ensuite, pour avoir constaté un accès difficile aux hôpitaux, une organisation régulière de journées de consultations médicales gratuites se tient annuellement afin d'aider les populations à rencontrer des spécialistes. « Présentement, notre ambition est de créer un centre de santé dans notre commune », a confié Yves Lamine Ciss. Une idée saluée par beaucoup d'habitants de la commune. Alain Ndour estime que ce serait une bonne chose d'avoir des infrastructures sanitaires plus élaborées. « Parce que la population s'accroît d'année en année et nos besoins en santé suivent aussi », fait-il savoir.

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Le paiement des impôts en question

Toutefois, selon l'édile de Mont Rolland, pour faire face aux investissements d'une telle ampleur, toute collectivité territoriale a besoin de bénéficier d'un appui financier à la hauteur des tâches. Là, le maire relève que malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics, il est temps que dans le recouvrement des impôts et de leur redistribution au niveau local, l'État revoie son approche. « Je suis offusqué par le fait qu'une entreprise paie ses impôts là où se trouve son siège et non là où se trouvent ses installations ; or, toutes les nuisances sont subies par les populations des collectivités territoriales qui abritent leurs unités de production de matières premières », a-t-il dénoncé.

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Foncier, le modèle conceptuel de Mont Rolland

Sachant que le développement de sa localité ne saurait dépendre des seules ressources allouées par l'État, Yves Lamine Ciss soutient qu'il faut savoir se débrouiller en peaufinant les stratégies d'un partenariat gagnant-gagnant avec des partenaires pour monter des projets utiles et novateurs. Un choix judicieux qui, selon lui, est en train de changer la physionomie de leur localité.

D'ailleurs, à propos de la gestion du foncier, le maire indique que le modèle conceptuel de Mont Rolland est tout à fait intéressant pour sauvegarder la paix sociale. Par exemple, à Mont Rolland, les délibérations sur le foncier destinées à une exploitation d'un partenaire sont limitées dans le temps et dans l'espace avec des extraits de plan clairs. « Les terres restent un patrimoine des populations et sous une forme de location. Le partenaire s'installe, développe ses activités, utilise la main-d'œuvre locale disponible et, à la fin de chaque année d'exercice, paie des redevances aux paysans dont les champs sont exploités dans le périmètre du projet », a-t-il expliqué.

D'ailleurs, dans une exploitation agricole qui en est à sa première année de production, une ristourne de 14 millions de FCfa est reversée à la commune, la garante, et tous les ayants droit vont rentrer dans leurs fonds.

Au moment où l'émigration clandestine par la voie maritime dans des embarcations de fortune est en train de tuer beaucoup de jeunes à la quête d'un emploi lucratif, à Mont Rolland, la diversification des partenaires prend forme. Moussa Pouye, un jeune rencontré dans la commune, ne pense même pas à prendre les pirogues. « Pourquoi le faire alors qu'en restant chez nous, nous avons toutes les opportunités pour gagner notre vie. Je pense que ce phénomène du Barsakh n'est pas connu ici à Mont Rolland », fait-il savoir. Aujourd'hui, le Conseil municipal entend travailler à réinstaller la confiance au sein de la jeunesse en rendant attractive leur collectivité territoriale.

Plus de: Le Soleil

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