Maroc: Rencontre entre le ministre de l'Economie et des Finances et la CGEM autour du PLF 2021 et de la relance de l'économie

«Les opérateurs économiques doivent continuer à y croire, à investir et à créer de la valeur et des emplois»

Les conséquences économiques et sociales de la pandémie deCovid19 «nous interrogent sur notre capacité à pouvoir rebondir face à un stress test auquel l'économie moderne n'a encore jamais été confrontée», a déclaré le ministre de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'administration, Mohamed Benchaâboun.

Quand bien même des nouvelles encourageantes relatives à l'efficacité de certains vaccins viennent éclaircir l'obscurité de ce contexte dominé par l'incertitude, «nous devons nous mobiliser. Soit nous sommes ensemble pour relever ce défi et nous réussirons soit nous avancerons en rangs dispersés et nous échouerons», a-t-il lancé lors d'une rencontre tenue jeudi 26 novembre et organisée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

S'il est entendu que l'Etat doit soutenir l'économie pour maintenir les activités et sauvegarder les emplois, grâce à des mécanismes qui permettront de relancer la machine économique, Mohamed Benchaâboun a estimé que «les opérateurs économiques doivent en parallèle continuer à y croire, à investir et à créer de la valeur et des emplois. Sinon les efforts consentis par l'Etat seront sans effet»

Au cours de cette rencontre, organisée sous le thème de «La LF-2021 face à l'impératif de la relance», le ministre a ainsi appelé à «agir en toute responsabilité dans ce contexte de rareté des ressources, où chaque dirham compte et devra être dépensé de manière judicieuse et efficiente».

A ce propos, il a défendu que «l'endettement de l'Etat doit être manié avec sagesse pour répondre aux besoins de l'économie et de la société sans pour autant hypothéquer l'avenir de nos enfants et des générations futures».

Soulignons que dans son exposé, l'argentier du Royaume s'est longuement exprimé sur les principales dispositions prévues dans le PLF 2021 (voté récemment par la première Chambre).

Mais avant d'en parler, il a relevé une forte reprise de l'économie mondiale, au troisième trimestre 2020,suite au déconfinement qui a suivi la première vague Covid-19.

Brossant la situation à l'échelle nationale, Mohamed Benchaâboun a fait état de l'atténuation de la contre-performance des activités non agricoles, à l'exception de certains secteurs qui continuent à enregistrer des évolutions négatives. Il a notamment cité le cas «du tourisme et des activités connexes avec un repli des recettes de voyages de 62,5%, soit 42 milliards de DH en moins».

Dans son exposé, il a également relevé certains secteurs totalement à l'arrêt depuis le début de la pandémie, à l'instar des activités de l'événementiel.

Poursuivant son intervention, le ministre a rappelé le bon comportement du secteur minier, la poursuite de l'évolution favorable de l'activité portuaire et la reprise de certaines branches industrielles ainsi que l'atténuation de l'évolution négative des ventes de ciment.

Mohamed Benchaâboun a noté aussi que «la demande de l'énergie électrique a évolué à un rythme moyen de +0,8% à partir du 1er juillet 2020 après des baisses significatives, de l'ordre de - 15% durant la période du confinement général, ce qui traduit une reprise progressive de l'activité économique».

Le ministre a, par ailleurs, fait état de l'allègement du déficit commercial de 22,5% à fin septembre, du redressement des recettes des MRE (+3,8%) à fin octobre 2020 ainsi que de l'amélioration continue des avoirs officiels de réserve à fin septembre. Et de préciser que ceux-ci se sont situés à 306,4 milliards de dirhams, soit l'équivalent de 7 mois et 16 jours d'importations de biens et services.

Il a toutefois consenti un ralentissement de l'investissement révélé par le recul persistant des importations en biens d'équipement, de l'ordre de 20% et une perte nette de 581.000 postes d'emploi par rapport à la même période de l'année précédente.

Dans le contexte actuel de crise, induite par la pandémie de coronavirus, l'argentier a fait savoir que « la politique monétaire a joué, à côté de la politique budgétaire, un rôle important à travers la baisse du taux directeur et l'assouplissement des conditions d'accès au refinancement de la Banque centrale qui a atteint des volumes importants (supérieure à 100 milliards de DH) ». Ce qui, a-t-il expliqué, a permis aux banques de disposer de la liquidité nécessaire pour le financement des besoins des opérateurs économiques.

Tout comme les mécanismes de garantie mis en place par l'Etat qui « ont également joué un rôle extrêmement important et ont permis à près de 80.000 entreprises d'accéder au financement bancaire à des conditions favorables (Oxygène, Relance)».Ce qui s'est traduit par un accroissement des crédits bancaires, en glissement annuel, de +5,2% à fin octobre et de +7% pour les entreprises.

Sur le PLF 2021, Mohamed Benchaâboun a déclaré que «la loi de Finances se devait de concilier une triple nécessité : allouer davantage de ressources au profit du social, préserver un niveau d'investissement public élevé et contenir le déficit budgétaire à un niveau inférieur à celui de 2020».

Concertant le premier point, il est question d'allouer davantage de ressources au profit du social et d'entamer la mise en œuvre des orientations Royales en matière de généralisation de la protection sociale sur les cinq années à venir. Un travail qui s'articulera autour de quatre domaines d'intervention : l'AMO, la retraite, les allocations familiales et l'IPE.

A propos de l'AMO, précisons que 2021 sera l'année du lancement de sa généralisation à tous les Marocains et du passage du système d'assistance Ramed à un système assurantiel. En ce qui concerne le second point, le ministre a expliqué qu'il s'agit de « préserver un niveau d'investissement public élevé, soit 235milliards de DH, ce qui représentera un chiffre record ».

Quant au troisième point, Mohamed Benchaâboun a déclaré que le défi est de «contenir le déficit budgétaire à un niveau inférieur à celui de 2020, soit 6,5% du PIB alors qu'il est prévu un recul des recettes de 30 milliards de DH et des besoins additionnels en matière de dépenses de 30 milliards DH».

Soulignons que cette loi de Finances est placée sous le signe de la solidarité et qu'une contribution pour la solidarité a été consacrée pour l'année 2021 et devrait rapporter près de cinq milliards de DH. Montant qui sera intégralement versé au Fonds pour la cohésion sociale, a rappelé le ministre.

Bien que le contexte soit peu favorable aux recrutements,« une place particulière devrait être accordée aux jeunes et à leur intégration au niveau du marché de l'emploi », a affirmé ce dernier rappelant que «le PLF a prévu une mesure pour encourager les embauches, en CDI, des jeunes actifs pour leur premier emploi. Elle consiste en l'exonération de l'IR pendant trois ans ».

Enfin,« nous n'avons pas le droit de baisser les bras », a-t-il lancé aux membres de la CGEM soutenant que « nous devons au contraire doubler d'efforts et nous mobiliser davantage pour mettre en place un cercle vertueux d'investissement et de création d'emplois ».

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