Sénégal: Achat de fournitures scolaires - Une rentrée à grand frais

30 Novembre 2020

Après les inscriptions et le paiement des arriérés de frais de scolarité, l'achat de fournitures scolaires est un casse-tête pour nombre de parents. En effet, celui-ci grève le budget des familles, surtout en cette période de crise sanitaire marquée par des difficultés économiques.

La rentrée des classes rime souvent avec l'augmentation du stress chez certains parents d'élèves qui doivent faire face à certaines dépenses. Pour cette année marquée par la pandémie de Covid-19, la situation est encore plus préoccupante. Entre les inscriptions, l'achat de fournitures scolaires, l'acquisition d'habits, certains parents ne savent plus où donner de la tête. Rencontrée dans une libraire sise à Fann, une femme, en tenue décontractée, foulard bien attaché sur la tête, a confié, sous le couvert de l'anonymat, que la conjoncture difficile a beaucoup impacté sur l'achat des fournitures scolaires. «Les années précédentes, j'avais l'habitude d'acheter la liste complète des fournitures, voire en doublon, pour éviter tout rachat en pleine année scolaire. Mais, cette année, la donne a complètement changé», a expliqué celle-ci. Elle a affirmé que c'est grâce au stock de cahiers inutilisés l'année dernière que ses dépenses ont été au moins réduites. «Finalement, je me suis retrouvée avec une petite liste. Je n'ai fait que compléter les articles manquants», a-t-elle informé.

Âgé d'une quarantaine d'années et père de quatre enfants, Ibou Seck fait partie des parents d'élèves qui font le pied de grue, ces derniers temps, dans les librairies ou certains «par terre» qui pullulent à travers les grandes artères de Dakar. Trouvé en train de marchander des livres au marché Tilène, il a avoué avoir casqué fort pour couvrir les besoins en fournitures, inscriptions et habillement de ses enfants. «J'avoue que j'ai reçu quatre longues listes, juste deux jours, après avoir honoré les frais d'inscription et les trois mois de scolarité de l'année dernière. Comme vous le constatez, je suis en train de faire le tour des librairies «par terre» pour me procurer des livres moins chers, car les articles sont excessivement chers cette année dans les librairies classiques.»

Abondant dans le même sens, Binta Ngom, commerçante, pense que la rentrée scolaire a toujours été un moment difficile pour les parents à revenus modestes. Cette veuve a en charge trois enfants. Avec son petit négoce, cette dernière a du mal à assurer la dépense quotidienne. Elle se bat tous les jours pour payer aussi bien les frais d'inscription que les fournitures scolaires de ses enfants. «Je me suis acquittée des droits d'inscription. Mais, il m'est très difficile d'honorer l'achat total des fournitures scolaires. C'est lourd pour moi. Mes enfants doivent patienter le temps que je trouve de l'argent pour assurer le reste des dépenses», a-t-elle indiqué.

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Pas encore le grand rush chez les vendeurs d'articles

La pandémie de Covid-19 a aussi impacté les vendeurs d'articles scolaires. Ceux-ci affirment qu'ils n'ont pas enregistré cette année un grand nombre d'acheteurs, du moins pas pour le moment. Dans les librairies classiques et dans celles dites «par terre» visitées au centre-ville, ce n'est pas encore le grand rush. Les acheteurs arrivent au compte-gouttes. En attestent les propos de Khadija Tall. Venue compléter quelques articles, elle a soutenu qu'à cette période de l'ouverture des classes, c'était toujours la queue au niveau des caisses. «Mais, cette année, je n'ai pas vécu cette grande affluence des années précédentes. Depuis la rentrée, je trouve que les librairies sont encore quasi vides», a-t-elle souligné.

Même son de cloche chez Cheikh Guèye, vendeur de livres et d'articles scolaires au marché Tilène. Celui-ci a confirmé que les acheteurs viennent au compte-gouttes. Pour lui, cette situation est due à la conjoncture difficile liée à la crise sanitaire qui a fini d'impacter tous les secteurs d'activités. Aussi, a-t-il indexé le coût élevé des frais d'inscription et la cherté des fournitures scolaires. D'après ce jeune commerçant, les prix de certains livres ont été également revus à la hausse à cause de leur insuffisance sur le marché. «L'ouverture des classes était vraiment notre traite. Mais, face à cette crise sanitaire de la Covid-19, nous sommes loin de voir nos chiffres d'affaires grimper», a lancé un vendeur d'articles «par terre». Il espère, toutefois, que la donne changera d'ici à la fin du mois de novembre.

Plus de: Le Soleil

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