Gabon: Rentrée scolaire - La déclaration de la Conasyed

30 Novembre 2020

Le samedi 28 novembre 2020 à Libreville, la CONASYSED a tenu un point de presse pour déplorer certaines irrégularités relatives à la reprise effective des cours sur toute l'étendue du territoire national depuis quelques semaines.

L'intégralité du communiqué :

Mesdames et messieurs, chers enseignants, chers collègues !

Environ trois semaines après le lancement de la rentrée scolaire 2020-2021, nous constatons pour le déplorer que les manquements tant décriés par la CONASYSED lors de son point de presse du 07 novembre 2020 perdurent. Il s'agit notamment de :

- Le non-respect de la distanciation physique dans presque tous les établissements du Gabon pendant les interclasses ;

- L'absence dans les établissements surtout primaires du dispositif de sécurité sanitaire garantissant l'observation et le respect des mesures barrières.

Pour confirmer nos craintes, nous venons d'apprendre la publication d'un communiqué du Ministre en charge de l'Education Nationale qui impose le port du masque dans tous les établissements du primaire. Les parents d'élèves sont ainsi obligés de débourser de l'argent pour procurer des masques à leurs progénitures. Le gouvernement a ainsi mis en danger, depuis la rentrée des classes, les enseignants et personnels d'encadrement qui sont chaque jour au contact de ces élèves qui peuvent être des porteurs sains. A cet effet, la CONASYSED sollicite à nouveau la prime covid-19.

Par ailleurs, la CONASYSED relève que le gouvernement n'a pas apporté des réponses claires aux points ci-après :

- La non livraison de 400 salles de classe annoncées par le gouvernement ;

- L'absence à ce jour d'un chronogramme officiel détaillant les dates du déroulement des concours internes d'entrée à l'Ecole Normale des Instituteurs (ENI) et à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) ;

- L'absence des nominations régulières des chefs d'établissement, des Directeurs d'Académies Provinciales, des chefs de circonscriptions scolaires et d'autres personnels administratifs depuis le 30 septembre 2019 ;

- L'absence des négociations entre le gouvernement et la CONASYSED en dépit du dépôt de son cahier de charges depuis le 03 février 2020 ;

- La non régularisation des situations administratives (recrutements, intégrations, titularisations, avancements automatiques, reclassements après stage, mises en stage) y compris celles des enseignants recrutés directement exerçant aussi bien dans l'enseignement public que dans l'enseignement privé confessionnel.

Malheureusement, au niveau de l'enseignement catholique, les enseignants en attente de recrutement et d'intégration ont été priés de regagner leurs domiciles en attendant l'aboutissement de leurs situations administratives en l'absence d'un document formel. S'agirait-il d'une ruse pour se débarrasser desdits enseignants qui ont rendu des services à l'État ? Ne serait-ce pas une ingratitude vis à vis de ces enseignants ?

- Le non-paiement des rappels solde ;

- Le non-paiement des vacations du BAC et des examens de l'enseignement Technique et professionnel session 2020 ;

- La non-organisation des concours interne et externe de l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) ;

Pire, à ces manquements s'ajoutent :

- La confection des emplois du temps Covid-19 ramenant toutes les disciplines à deux heures de cours par semaine et par niveau.

Les élèves désormais répartis en groupe reçoivent un enseignement à géométrie variable violant ainsi l'article 26 de la Déclaration Universelle des Droits de L'Homme (DUDH) qui garantit le droit à l'éducation pour tous. Ces nouveaux emplois du temps contestés par les enseignants, ont un impact négatif sur les programmes scolaires qui seront très partiellement exécutés et sur la formation des élèves qui se fait au rabais.

La CONASYSED rappelle que l'élaboration des emplois du temps devrait respecter les dispositions des articles 89 et 90 de la Recommandation O.I.T/UNESCO de 1966 concernant la condition du personnel enseignant qui dispose respectivement :

* article 89 : « le nombre d'heures de travail demandé aux enseignants par jour et par semaine, devrait être fixé en consultation avec les organisations d'enseignants. » ;

* article 90 : « En fixant les heures de cours, il faudrait tenir compte de tous les facteurs qui déterminent la somme de travail que les enseignants ont à fournir tels que :

a) le nombre d'élèves dont l'enseignant doit s'occuper par jour et par semaine ;

b) le temps qu'il est nécessaire de réserver pour la bonne préparation des cours et la correction des exercices ;

- c) le nombre des différents cours à donner chaque jour ;

d) le temps exigé des enseignants pour participer à des recherches, aux activités parascolaires, pour surveiller les élèves et pour les conseiller ;

e) le temps qu'il est souhaitable de laisser aux enseignants pour informer les parents et s'entretenir avec eux des progrès des élèves. » ;

- L'organisation des commissions de transferts dont les travaux sont entachés d'irrégularités en violation des dispositions de l'arrêté n° 0041/ MESRSTTENFC portant réorganisation de la procédure de traitement de transferts des élèves des établissements de l'enseignement secondaire général publics, privés et reconnus d'utilité publique ou autorisés par l'État.

Les organisations syndicales pourtant membres desdites commissions n'ont été conviées que grâce aux nombreuses interpellations de l'administration par les partenaires sociaux ;

- Le non-paiement à ce jour des salaires, des primes des enseignants arbitrairement séquestrés depuis 2015, 2016, 2017, 2018 pour plusieurs raisons, en l'occurrence l'exercice des activités syndicales, le recensement des agents publics de 2018, et ce, en dépit de plusieurs démarches entamées par les intéressés et les organisations syndicales dont la CONASYSED et Dynamique Unitaire, à la primature, au Ministère de l'Education Nationale et au ministère de la Fonction publique ;

- Le blocage du logiciel Xgest en attendant la nomination régulière des chefs d'établissement etc.

Tous ces manquements ainsi relevés constituent des obstacles au bon démarrage de l'année scolaire 2020- 2021.

C'est pourquoi, à travers ce point de presse, la CONASYSED encourage et interpelle une fois de plus le gouvernement à trouver des solutions idoines et urgentes à tous les maux qui minent notre système éducatif, au risque de voir l'année scolaire 2020-2021 davantage perturbée.

Chers enseignants, chers collègues, nous n'avons pas été assez audibles ces cinq dernières années. Mais l'histoire récente nous montre que c'est quand nous osons que les lignes bougent. Notre silence a patiemment construit notre misère. Afin de rompre avec cet attentisme et de nous donner une attitude ainsi que la conduite à tenir par rapport au non-respect des engagements du gouvernement, nous vous invitons à prendre une part active et massive, dans le respect des mesures barrières, à la grande Assemblée Générale qui aura lieu le 05 DÉCEMBRE 2020 à 10h au terrain de basket de la cité AWENDJÉ.

Je vous remercie.

Pour la CONASYSED,

Le Délégué Général,

Louis Patrick MOMBO

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