Burkina Faso: Le parti de Blaise Compaoré rebondit

30 Novembre 2020

Aux législatives, le CDP de Blaise Compaoré s'est érigé en deuxième force politique après le parti au pouvoir. Les cartes politiques sont ainsi redistribuées.

Le président Roch Marc Christian Kaboré est certes passé dès le premier tour de la présidentiellemais son parti, le Mouvement du peuple pour le porgrès (MPP), doit compter sur des alliances pour mettre en œuvre son programme politique. Le MMP a face à lui, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti de l'ex-président déchu, Blaise Compaoré, qui reprend une place non négligeable dans le jeu politique.

Résultats provisoires

Cela a été rendu possible grâce aux élections législatives dont les résultats provisoires ont été publiés le samedi (28.11.2020). Le CDP devient la deuxième force politique à l'Assemblée nationale du Burkina Faso. Son candidat, Eddie Komboïgo, est arrivé deuxième de la présidentielle avec 15,47% des voix, bénéficiant d'une nostalgie croissante de l'ère Compaoré, chassé par la rue, en 2014, après 27 ans au pouvoir, dont l'ombre a plané sur la campagne électorale.

Mais ce parti pourrait-il prétendre reprendre le pouvoir en 2025 ? "Tout dépend de l'habileté avec laquelle Roch (Marc Christian Kaboré, ndlr) va gérer son dernier mandat", répond Edouard Ouédraogo, le Directeur de publication de l'Observateur Paalga. "Mais tout est possible en politique. Si d'aventure, Blaise Compaoré revenait, est-ce qu'il peut créer une dynamique telle que le CDP puisse revenir au pouvoir ? C'est probable, mais c'est une probabilité qui n'est pas très facile à cerner aujourd'hui", estime le journaliste.

Les enjeux pour 2025

"Ce qui est sûr, avec 20 députés, ils peuvent rêver et s'ils arrivent à effectivement faire la cohésion en leur propre sein, ils peuvent en tout cas jouer un très grand rôle dans l'évolution politique de notre pays", poursuit Edouard Ouédraogo.

Le CDP devance ainsi l'Union pour le progrès et le changement (UPC) de l'opposant Zéphirin Diabré, qui n'a recueilli que 12 sièges contre 33 en 2015.

L'UPC a souffert de divergences internes qui ont fait perdre au parti, baucoup de ses députés. Déjà après la publication des résultats provisoires de la présidentielle, sur le site du parti de Zéphirin Diabré, le bureau exécutif central affirme continuer à "relever les insuffisances majeures qui ont entaché la régularité et la sincérité" du scrutin et prendre "acte" à nouveau "des résultats ainsi proclamés". Pourtant, l'homme politique a adressé ses félicitations au président Roch Marc Christian Kaboré déclaré vainqueur dès le premier tour.

Le président Kaboré est en route pour un second mandat au terme duquel il ne pourra plus se présenter.

Selon le directeur de publication du journal l'Observateur Paalga, Edouard Ouédraogo, "c'est sûr que vers 2023 ou 2024, la succession va être ouverte et le problème se posera de savoir si la succession va se faire à l'intérieur du cocon du MPP ou si ceux qui auront élargi la majorité présidentielle, notamment le NTD (Nouveau temps pour la démocratie, parti de la mouvance présidentielle, ndlr), qui vient avec 13 députés, pourront générer un candidat crédible".

Plus de: DW

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