Congo-Kinshasa: Rapport annuel 2019 - La BCDC réalise son meilleur résultat net des vingt-cinq dernières années

Yves Cuypers, directeur général et président du comité de direction, a ressorti cette remarquable performance de la banque dans sa présentation devant un parterre de personnalités invitées à la soirée du 26 novembre au Blazon Hôtel Fleuve, livrant un aperçu général de la situation en 2020 à la lumière de ses faits marquants, les chiffres-clés de 2019 et l'acquisition par le Groupe Equity Holdings (EGH) de 66,5% des parts sociales de la Banque commerciale du Congo (BCDC).

Dans sa présentation articulée en trois parties, Yves Cuypers a de prime abord épinglé les faits marquants de 2020 à travers lesquels il a dégagé un aperçu général de la situation. Puis, il s'est étendu sur les comptes 2019 et a présenté le contexte autour de l'acquisition de 66,5% des parts sociales de la BCDC par le Groupe Equity Holdings (EGH). Ainsi, aux dires d'Yves Cuypers, le bilan de 2019 est très satisfaisant. En effet, chiffres à l'appui, partant du résultat net avoisinant les 14 millions USD, précisément 13, 9 millions USD, il est le meilleur de la BCDC de ces vingt-cinq dernières années. Et il semble qu'en 2020 l'on soit dans la poursuite de cette croissance maîtrisée en dépit du ralentissement économique enregistré avec le fort dérapage du cours de change caractérisée par une forte inflation jusqu'au mois d'août sur une base annuelle de 20%, savoir que la dévalorisation du francs congolais a été d'à peu près 20% également. Qui plus est, quoique la crise de covid-19 ait eu un impact important sur l'économie et, par conséquent, sur les actifs des banques, la BCDC s'est constituée des provisions importantes à titre prudentiel.

Dès lors, Yves Cuypers a révélé avec bonheur que malgré le ralentissement de l'économie en RDC, en comparaison des échéances du 30 septembre 2019 au 30 septembre 2020, le produit net bancaire ou le chiffre d'affaires de la BCDC est passé de 68 millions USD à 66 millions USD. Et au niveau des dépenses, elles ont été significativement réduites et sont évaluées à 41,1 millions USD alors qu'elles étaient de l'ordre de 43, 9 millions USD, un an auparavant. Par contre une grande différence au niveau des amortissements et des provisions qui ont doublé : 22 millions USD contre 11,5 millions USD l'année précédente. Les provisions ont été réalisées essentiellement sur des dossiers de crédits. Et « thermomètre de la santé de la banque », la solvabilité ne s'est pas beaucoup détériorée, a-t-il dit.

Par ailleurs, les comptes audités au 30 juin ont reçu une note parfaite de la part des commissaires aux comptes. Notons aussi que la BCDC, a épinglé Yves Cuypers, est l'une des deux seules sociétés au Congo de l'agence internationale Moody's avec son grand concurrent la Rawbank, a obtenu son rating international passant de Caa2 à Caa1. Et de souligner ici qu'avec son intégration dans le Groupe Equity, positionné dans un rating supérieur, l'opportunité est offerte à sa banque de s'élever plus sur l'échelle de la notation internationale.

Quid de l'alliance BCDC - EGH

Pour ce qui est de l'acquisition des 66,5 % des parts sociales de la BCDC par le Groupe Equity Holdings PLC (EGH), depuis la transaction effectuée le 7 août 2020, les deux parties s'activent à mener l'opération à bon terme. Pour ce faire, Yves Cuypers a salué l'implication de ses collaborateurs dans les groupes de travail commun de la BCDC et Equity Bank Congo de concert avec Equity Bank Kenya. Relevant ainsi que, chacun dans son champ de compétence et de responsabilité, veille à tout harmoniser en vue de l'intégration prochaine dans le but de développer l'inclusion financière en RDC. Sachant que le pays est peu bancarisé avec un taux de bancarisation inférieur à 8% alors qu'au Kenya, par exemple, il est à 40%.

D'emblée, l'alliance avec Equity est un atout qui devrait jouer en faveur de l'avenir glorieux que les deux banques pensent bâtir, quitte à devenir le leader en RDC. Elle est essentiellement basée sur une caractéristique, les banques ont le gros avantage d'être complémentaires. Mieux, comme l'a dit Yves Cuypers : « C'est la plus forte complémentarité qui soit. Je ne vois même pas de concurrence ». Et d'ajouter que s'il faut considérer « le réseau qui fera soixante-quinze agences dans le pays, seuls deux points d'exploitation sont en recouvrement ». D'autre part, en ce qui concerne le segment clientèle, la BCDC est une banque corporate et des grosses PME tandis qu'Equity Bank Congo traite avec les PME et PMI. Ainsi, la complémentarité des segments clientèle et des produits est telle qu'il n'y a pas le moindre souci ». Et donc, il ne reste plus qu'aux deux cultures de s'harmoniser, savoir qu'EGH évolue a ses assises dans la sphère anglophone. Ce que le président du comité de direction ne tient pas pour un obstacle certain que « quand la machine sera huilée » tout ira de soi.

Trois grands défis majeurs

Yves Cuypers est d'avis qu'il y a trois grands défis majeurs à relever pour s'assurer la pleine réussite du processus d'intégration de la BCDC à EGH, savoir la migration informatique, la fusion des deux banques et l'harmonisation des ressources humaines. En premier, la migration informatique vise l'alignement aux grands standards internationaux savoir que le Groupe Equity est coté sur différentes places financières. Et de surcroît, il l'a tenu pour « le champion de la numérisation et de la digitalisation » à travers une plateforme informatique qui a une capacité importante d'automatisation des opérations à traiter. La fusion juridique à venir soumise à une batterie de préalables va intervenir après un certain nombre d'étapes et de choses à mettre en place avant son aboutissement.

Elle va se réaliser par absorption : « Tous les actifs et passifs d'Equity Bank Congo vont entrer dans le bilan de la BCDC ». Et, il en sera de même de la mobilisation des ressources humaines. Avec la fusion-absorption, les agents d'Equity Bank Congo vont intégrer la « nouvelle banque » dont les détails seront livrés en temps opportun au terme de la légalisation de l'opération. « Première opération du genre réalisée dans le pays, la fusion par absorption de deux sociétés est censée donner un nouvel élan à l'économie du pays en termes de ressources et de moyens financiers », a soutenu le directeur général de la BCDC. Propos renchéris par le Dr James Mwangi, CEO du Groupe Equity Holdings et hôte de marque à l'événement.

Second intervenant, le Dr James Mwangi a tenu la RDC telle une belle opportunité. Et, savoir que de son côté la banque va mettre à la disposition de ses clients sa technologie de pointe : l'Internet banking et toutes les solutions digitales de sorte que les clients de la BCDC, qui à ses yeux constitue une très solide institution fort de ses 110 ans d'expérience, en profiteront aisément. Et qui plus est, ils auront le loisir de mener des transactions avec les six autres pays où sont implantées les filiales d'Equity, en l'occurrence le Kenya, l'Ouganda, l'Ethiopie, la Tanzanie, le Sud-Soudan et le Rwanda. Et d'ajouter qu'à la finalisation du processus de fusion, la nouvelle banque constituée va contribuer au développement du secteur agricole.

Et de conclure sa brève intervention, le Dr James Mwangi a évoqué cette sagesse africaine qu'il a jugé utile d'appliquer au contexte des deux banques : « Si tu veux aller très vite, tu peux faire le chemin seul, mais si tu veux aller très loin, tu as besoin de te faire accompagner ». Dès lors, il a dit son enthousiasme face à la collaboration observée entre Yves Cuypers et Célestin Mukeba, DG d'Equity Bank Congo, appréciant l'énergie mise à travailler ensemble à construire un édifice qui soit encore plus performant.

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