Burkina Faso: 22e conférence annuelle des services du Trésor

1 Décembre 2020
interview

Les 3 et 4 décembre 2020, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP) organise la 22e édition de la Conférence annuelle des services du Trésor (CAST), sous le thème : « Le Trésor public face aux défis de la gestion financière et comptable des collectivités territoriales pour une meilleure contribution au développement local ». Pour en savoir davantage, Sidwaya s'est entretenu avec le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, Célestin Santéré Sanon, président du comité d'organisation de la CAST.

Sidwaya (S) : En quoi consiste la mission de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP)?

Célestin Santéré Sanon (C.S.S.): La mission de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique est d'assurer une saine gestion des deniers publics, de garantir la trésorerie au titre du budget de l'Etat, des collectivités territoriales ainsi que des établissements publics de l'Etat et de veiller à la viabilité du système financier national. A ce titre, c'est à elle qu'il revient la charge d'exécuter en recettes et en dépenses le budget de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics de l'Etat.

S : Les jeudi 3 et vendredi 4 décembre 2020, votre structure organise la Conférence annuelle des services du Trésor (CAST). Quel est l'objectif de cette rencontre ?

C. S. S. : La CAST est un cadre de réflexion qui réunit les cadres de l'administration du Trésor public et certains de ses partenaires autour d'un thème d'intérêt pour la bonne marche des services du Trésor public. Il s'agit chaque année, de marquer une halte afin de réfléchir à la réponse à donner aux défis nouveaux qui se posent au Trésor public. L'objectif visé à travers la tenue de cette conférence est donc d'anticiper et de préparer le Trésor public à faire face efficacement aux différentes mutations ou exigences en matière de bonne gestion des deniers publics afin d'être toujours en phase avec les missions à lui assignées.

S : Quel est le profil des participants à cette conférence ?

C. S. S. : La 22e édition de la CAST, à l'instar des précédentes sessions, connaîtra la participation de tous les responsables des structures centrales et déconcentrées de la DGTCP ainsi que d'autres cadres de ces différentes structures. Outre ces acteurs, la CAST réunit également les représentants des autres structures du ministère, des structures partenaires et des anciens du Trésor public. Pour la présente édition, au regard du thème qui sera traité, des acteurs de la décentralisation notamment les élus locaux y prendront part.

S : Quels sont les acquis engrangés depuis l'institution de cette conférence ?

C. S. S. : Depuis la première édition en 1997, la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique a réussi le pari de tenir la CAST de façon continue. Les vingt et une (21) éditions passées ont permis d'aborder plusieurs thèmes d'intérêt se rapportant aux missions assignées à la DGTCP. La réflexion menée autour de ces différents thèmes a conduit à la prise de recommandations et de résolutions dont la mise en œuvre a contribué à améliorer les performances de la DGTCP. On peut citer en termes d'acquis, une meilleure gestion financière au niveau de l'Etat, des collectivités territoriales et des Etablissements publics de l'Etat à travers une amélioration du taux de recouvrement des recettes, une réduction des délais de paiement des dépenses et une meilleure gestion de la trésorerie de ces entités. Ensuite, on peut noter une amélioration dans la tenue de la comptabilité de l'Etat et de ses démembrements (Collectivités territoriales et Etablissements publics de l'Etat) et un meilleur rendu des comptes à travers la production à bonne date des comptes de gestion. Il y a également l'atteinte de meilleurs résultats dans la supervision des autres structures sous tutelle telles que les institutions de microfinances et les compagnies d'assurances. Enfin, il faut noter l'actualisation des outils de contrôle interne pour se conformer aux exigences actuelles de transparence dans la gestion des finances publiques

S : Cette 22e conférence est placée sous le thème : « Le Trésor public face aux défis de la gestion financière et comptable des collectivités territoriales pour une meilleure contribution au développement local ». Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?

C. S. S. : Le choix du thème est en lien avec l'avènement du troisième cycle de la décentralisation au Burkina Faso qui ambitionne de consacrer plus d'autonomie aux collectivités territoriales et qui impose de nouveaux défis à l'ensemble des acteurs intervenant dans la gestion financière et comptable de ces collectivités, en particulier la DGTCP. En vue de relever ces nombreux défis, il est indispensable que le Trésor public réinterroge son rôle dans l'accompagnement de la décentralisation pour être en phase avec les attentes déclinées dans les nouveaux référentiels de la décentralisation adoptés en 2018. Le développement de ce thème donnera donc l'occasion aux acteurs clés de la décentralisation de réfléchir à un meilleur positionnement du Trésor public afin d'optimiser sa contribution au processus de la décentralisation financière. Pour ce faire, la réflexion va se mener autour de la problématique centrale suivante : « Comment le Trésor public, à travers la gestion financière et comptable des collectivités territoriales, peut-il renforcer sa contribution au développement local ? ». Ladite problématique sera appréhendée à travers deux sous-thèmes à savoir « État des lieux de la gestion financière des Collectivités territoriales par le Trésor public et perspectives pour une meilleure contribution au développement local », « État des lieux de la gestion comptable des Collectivités territoriales par le Trésor public et perspectives pour une meilleure contribution au développement local ».

S : Quelle est la particularité de cette 22e CAST ?

C. S. S. : La 22e CAST intervient à une période charnière où l'Etat burkinabè est engagé dans la mise en œuvre des réformes communautaires destinées à apporter des changements importants dans la gestion des finances publiques et à un moment où est amorcé le troisième cycle de la décentralisation. Concernant les réformes communautaires, si au niveau de l'Etat, l'ensemble des directives de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont été internalisées entre 2013 et 2016 et la plupart de leurs dispositions rentrées en vigueur en 2019, il n'en est pas de même pour les collectivités territoriales. En effet, la directive portant régime financier des collectivités territoriales a été transposée par décret en 2019 mais l'application de ses dispositions a été différée au 1er janvier 2022. C'est donc dans un contexte de conduite des travaux préparatoires à l'application de ce décret qu'intervient la conférence.

Pour ce qui est du troisième cycle de décentralisation, il ambitionne consacrer plus d'autonomie aux collectivités territoriales et impose au Trésor public de nouveaux défis tels que l'optimisation de la mobilisation des ressources financières, une meilleure couverture territoriale des Collectivités territoriales, la production et l'analyse des statistiques sur les finances locales, etc.

S : Qu'est-ce qui va changer en matière de finances publiques locales avec l'internationalisation de ces réformes communautaires ?

C. S. S. : A la différence des huit Etats de l'UEMOA qui disposent d'un référentiel commun en matière de gestion des finances publiques, au niveau des collectivités locales, chaque pays avait un référentiel propre. Depuis, quelques années, une directive communautaire relative au régime financier et comptable des collectivités locales a été adoptée et internalisée au Burkina Faso en 2019. Aujourd'hui, nous sommes à l'étape d'élaboration et d'adoption des textes d'application de cette directive. L'objectif est d'améliorer la gestion comptable et financière des collectivités locales, d'avoir plus de transparence, de célérité dans la gestion des finances publiques locales.

S : Quels sont les objectifs assignés à cette 22e conférence ?

C. S. S. : L'objectif principal visé à travers l'organisation de la 22e CAST est de réfléchir à un meilleur positionnement du Trésor public afin d'optimiser sa contribution au processus de la décentralisation financière.

De façon spécifique, il s'agira, dans un premier temps, de faire le diagnostic de la gestion financière et comptable des collectivités territoriales par le Trésor public afin d'appréhender les forces, les faiblesses et les défis à relever.

Dans un second temps, il s'agira, sur la base du diagnostic fait, de proposer des solutions à même de permettre au Trésor public de mieux s'organiser pour une meilleure prise en charge de son rôle en vue d'être en phase avec le troisième cycle de la décentralisation.

S : Quelles sont vos attentes dans le cadre de l'organisation de cette 22e édition de la CAST ?

C. S. S. : Les attentes pour cette 22e édition de la CAST se résument en deux points.

En premier lieu, c'est de souhaiter que cette édition de la CAST soit celle de la maturité où le niveau et la richesse des débats permettent d'aboutir à des recommandations fortes en vue d'une meilleure gestion financière des collectivités territoriales par la DGTCP.

En second lieu, ce serait que les échanges puissent se dérouler dans un climat convivial et qu'ils puissent permettre à tous les participants de s'enrichir mutuellement. Nous lançons un appel à l'ensemble des participants à prendre part activement à la conférence à travers des débats francs et constructifs.

S : Cette conférence se tient dans un contexte sécuritaire difficile qui fait que certaines communes peinent à mobiliser des ressources propres. La question sera-t-elle à l'ordre du jour au cours de vos travaux ?

C. S. S. : La question sécuritaire influe d'une manière ou d'une autre sur la gestion comptable et financière des communes. Le sujet n'est pas au centre de nos réflexions à l'occasion de cette CAST. Il pourrait être abordé à d'autres niveaux.

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