Congo-Brazzaville: Dépravation des mœurs - Plaidoyer pour l'éradication de la prostitution à Moungali

Au nombre des sujets qui préoccupent les jeunes du 4e arrondissement de Brazzaville, il y a la prostitution qui a déjà élu domicile dans les quartiers de Moungali. Ils l'ont fait savoir, le 28 novembre, à une délégation des conseillers départementaux et municipaux composée de Marlin Dominique Okemba, Gilles Latran Ngabangui et Gerry Mbimba.

Comme dans la plupart des arrondissements de Brazzaville, les habitants de Moungali ont étalé de nombreuses difficultés qui accablent leur quotidien. Il s'agit, entre autres, de la prostitution, du chômage endémique des jeunes qui sera peut-être amplifié par l'interdiction des taxis-motos, des inondations systématiques à chaque saison de pluies, du déficit de formation qualifiante, du décrochage scolaire, de la lutte contre le coronavirus. A cela s'ajoutent également la décadence économique, l'insécurité due au phénomène bébés noirs, la prolifération des jeux d'argent et les délestages d'électricité. Pour réduire l'ampleur de la prostitution, les jeunes de Moungali ont sollicité l'apport des pouvoirs publics.

Répondant à la préoccupation relative à la prostitution qui prend des dimensions inquiétantes à Moungali, Gilles Latran Ngabangui pense que cela est proportionnel à l'ampleur de la pauvreté. « La prostitution fonctionne à Moungali parce qu'il y a des clients. Si les clients ne viennent pas les prostituées disparaitront d'elles-mêmes. Il faut conscientiser les filles parce que la prostitution tue les bonnes mœurs et enlève la dignité. Si une jeune fille n'a pas pu à l'école, elle peut apprendre un métier », a répondu l'élu local de Djiri.

Pour contrer la montée de certaines antivaleurs dénoncées, les participants à cette rencontre citoyenne ont plaidé pour l'exhumation des bonnes mœurs. Selon Gilles Latran Ngabangui, il parait hasardeux de dire que tous les maux peuvent être éradiqués en coup de bâton magique. S'agissant du phénomène « Bébés noirs et Koulouna », il a déclaré que le trio va faire remonter l'information auprès des autorités habilitées afin d'en trouver ensemble de solutions.

« Il faut que la police, les représentants de l'Etat et bien d'autres forces agissent pour diminuer l'ampleur de l'insécurité. Les bandits sont connus dans les quartiers. Chacun devra les dénoncer auprès des autorités habilitées qui agiront de manière appropriée pour y mettre un terme. Mais au-delà, la lutte pour la sécurité dans cet arrondissement est un combat d'ensemble », a-t-il poursuivi.

Conformément à l'agenda élaboré par les initiateurs de ces rencontres, la question de l'élection présidentielle de l'an prochain s'est également invitée dans les débats. Selon Marlin Dominique Okemba, la tenue prochaine du scrutin présidentiel ne fait plus l'ombre d'un seul doute après « le succès » de la concertation politique de Madingou. « Chacun choisira son candidat. On devra avoir juste des débats d'idées et non des actes de violence. Chaque jeune devra y être une force de proposition et non un germe de la violence. Chacun fera état des préoccupations communes aux candidats. Il ne suffit pas de recevoir un tee-shirt et de crier. Le candidat doit être lié avec vous par un contrat social », a laissé entendre l'élu local de Talangaï.

Notons que cette rencontre citoyenne s'inscrit dans le cadre de la campagne de proximité sur la lutte contre la délinquance juvénile, lancée le 10 octobre dernier dans le 9e arrondissement de Brazzaville, Djiri, par Gilles Latran Ngabangui et Marlin Dominique Okemba. Le but étant de sensibiliser et conscientiser les jeunes afin de trouver des approches de solutions au phénomène de « Bébés noirs et Koulouna ». La rencontre de Moungali intervient après celles de Djiri, Ouenzé et Bacongo.

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