Madagascar: Loi de finances - Faible budget pour la lutte contre la corruption

Les organisations de la société civile espèrent que les parlementaires rectifieront le budget alloué à la lutte contre la corruption.

Les acteurs œuvrant dans la lutte contre la corruption craignent le recul des efforts déjà entrepris pour éradiquer le fléau. « Le budget des institutions de la lutte contre la corruption reste faible. Il représente 0,15% du budget général» rapporte la société civile au Sénat, hier.

La baisse est considérable. Les institutions auraient bénéficié d'un budget de 15,8 milliards ariary dans la loi de finances initiale 2020, alors que pour 2021, il sera encore déduit de 7,1%. Tandis que le budget de l'organe de contrôle des finances publiques est tranché de 0,08% du budget de l'État.

Une rencontre en vue d'élargir les débats autour des dispositions inscrites dans le texte budgétaire a eu lieu à Anosikely, hier, entre les organisations de la société civile et les représentants du secteur privé. La Chambre haute se met à l'écoute de tous les acteurs avant l'adoption du projet de loi de finances 2021.

La séance d'hier a été donc une occasion pour la société civile de défendre les intérêts communs en évoquant les lacunes observées dans les secteurs sociaux par rapport à d'autres rubriques. Étant donné que la lutte contre la corruption touche tous les domaines, la baisse du budget allouée aux institutions concernées a été soulevée. La réalité contredit ainsi l'initiative présidentielle d'instaurer le slogan « Corruption, tolérance zéro! », selon le rapport d'étude du projet de texte budgétaire.

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« Aucune amélioration n'est observée. Au contraire, le budget accuse encore en baisse », regrette Faraniaina Ramarosaona, membre de la société civile. Le système anti-corruption est touché par l'insuffisance du budget. De même, le problème affecte également l'organe de contrôle des finances publiques à l'instar de la Cour des comptes, l'Inspection générale de l'État. Le gouvernement s'engage dans cette lutte dont la manifestation devrait être concrète dans la loi des finances. Alors que dans la pratique, la baisse du budget pourrait impacter la réalisation des actions envisagées. Afin d'avoir des résultats satisfaisants dans la lutte contre la corruption, la société civile suggère que le processus devrait avoir sa place dans la loi de finances.

Le projet de texte budgétaire est transmis au Sénat après son adoption à l'Assemblée nationale. Une contrainte temps s'impose ainsi aux membres de la Chambre haute face à l'examen qu'ils veulent apporter avant le vote. Cela n'empêche que la consultation des acteurs a eu lieu pour élargir les débats sur certaines dispositions. La hausse du budget alloué à certains ministères, à l'exemple du ministère de la Jeunesse et des sports qui s'élève à 128,9 milliards Ar suscite beaucoup de réactions. Les membres de la société civile espèrent que le Sénat apportera une rectification.

Plus de: L'Express de Madagascar

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