Ile Maurice: Allégations - Des travailleurs étrangers «maltraités» par leur employeur

2 Décembre 2020

Ils se disent persécutés, maltraités, humiliés comme êtres humains et comme travailleurs. Ces Bangladais ont décidé de porter plainte au ministère du Travail contre leur employeur pour maltraitance, la semaine dernière. Le syndicaliste Fayzal Ally Beegun estime que cette situation ne peut perdurer.

La semaine dernière, au Parlement, le député Fabrice David a interpellé le ministre du Travail sur les conditions de vie des travailleurs étrangers. Soodesh Callichurn a répliqué que les officiers de son ministère ont effectué, de janvier à novembre, 1 186 visites dans différents dortoirs du pays .

Il a aussi avancé que des travailleurs étrangers ont déposé 46 plaintes sur leurs conditions de vie. De ce fait, un comité pour le logement a été mis sur pied pour s'enquérir des problèmes encourus.

Justement, le syndicaliste Fayzal Ally Beegun a évoqué ce problème avec le ministère de tutelle dans une nouvelle plainte soumise en compagnie de quatre Bangladais qui travaillent dans un restaurant de la capitale. Dans cette plainte, ces derniers parlent de menaces de déportation, de travail sept jours sur sept jusqu'à des heures tardives, sans être rémunérés.

«Enough is enough. Trop, c'est trop», martèle le syndicaliste. «Il y a des limites à ne pas dépasser. Avant, il y avait certes des problèmes liés aux travailleurs étrangers: problèmes de paie et la déportation. Mais aujourd'hui, on parle de maltraitance. Des travailleurs sont battus par leur employeur sur le sol mauricien. Quelle image donne-t-on aux autres pays... »

Fayzal Ally Beegun lance un appel au ministre du Travail : «Je l'invite à venir publiquement condamner ces actes d'agression sur les travailleurs étrangers. Certains employeurs brandissent la menace de la police pour intimider les travailleurs.» Pour lui, ce qui est encore plus pénible, c'est quand on parle de déportation. «C'est un cauchemar pour ces travailleurs. Ils ont des dettes à honorer dans leur pays. Et puis, c'est une honte pour leur famille lorsqu'ils rentrent chez eux avant la fin de leur contrat.»

Fayzal Ally Beegun a également fait comprendre que plusieurs travailleurs étrangers ne sont plus en possession de leur passeport. Or, au Parlement, le ministre Callichurn a souligné que les employeurs n'ont pas le droit de conserver le passeport des travailleurs; c'est un délit. Par ailleurs, le ministère suit de près cette affaire. L'on apprend que ces travailleurs étrangers sont venus à Maurice pour travailler dans une usine. Toutefois, avec la crise du Covid-19, celle-ci n'opère pas actuellement. Du coup, les Bangladais ont été mutés dans un restaurant.

Or, du côté du ministère, l'on avance que cela n'est pas permis. L'employeur, dit-on, aurait dû les muter dans une autre usine textile. En tout cas, ce cas est suivi de près par la Migrant Unit.

Plus de: L'Express

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