Congo-Kinshasa: Albert Yuma bientôt remplacé à la tête du patronat ?

2 Décembre 2020

Sa réélection a fait l'objet d'une saisine du conseil d'Etat qui demande une reprise du vote. Ses adversaires l'accusent d'avoir verrouillé le système.

L'histoire est dans la presse congolaise depuis quelques jours : Albert Yuma a été réélu à la tête de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) pour un sixième mandat consécutif. Cela va faire 15 ans qu'il est à la tête du patronat congolais. Albert Yuma fait partie des personnalités congolaises placées sous sanction notamment par le Trésor américain pour des affaires de corruption.

Le vendredi (27.11) face à Michel Sefu et Dieudonné Kasembo, Albert Yuma est pourtant réélu à la tête de la fédération des entreprises du Congo lors de l'assemblée générale.

« Y rester ad vitam aeternam »

Seulement voilà, pour le candidat Kasembo cette élection vise à favoriser le candidat Yuma. Et comme nous explique maître Albert Paka, l'avocat de Dieudonné Kasembo, à son arrivée à la tête de la FEC, Albert Yuma a tout verrouillé au niveau de l'assemblée générale :

"Lors de l'arrivée de l'actuel président du conseil d'administration à la tête de la FEC, il a procédé à trois modifications de textes : il a pris un règlement intérieur sur mesure qui faisait sauter le verrou : avant, le mandat n'était renouvelable qu'une seule fois et désormais il a instauré un système où on peut se présenter autant de fois qu'on veut et y rester ad vitam aeternam. Le deuxième système a mis en place un comité de sage pour trier toutes les candidatures et pour n'en retenir qu'une seule."

Réorganisation de l'élection

Un système qui aurait permis jusque-là la réélection d'Albert Yuma. Mais pour Dieudonné Kasembo, cela va trop loin. Il est temps pour la FEC de faire peau neuve, selon maître Albert Paka, l'avocat de Dieudonné Kasembo :

"Monsieur Kasembo est entrepreneur, il est DG de la société Gecotrans et il est membre de la FEC. Il n'agit pas pour son propre intérêt. Bien entendu, il a un intérêt personnel puisqu'il est candidat. Mais il veut libérer la FEC, il est conscient qu'il y a des initiatives et des ambitions autour de lui mais il veut tout simplement déverrouiller les choses pour obtenir que désormais le jeu soit ouvert."

Un jeu ouvert mais surtout une possibilité d'apporter un peu plus de démocratie au sein de cette institution au sein de laquelle devrait prévaloir la justice au lieu des jeux d'influence politique, selon le politologue Jean-Claude Mputu.

M. Mputu indique que "Tout problème ne peut pas être résolu par la justice et surtout pas par le conseil d'Etat. Une ASBL (association à but non lucratif) n'est pas un organe administratif pour que ce dossier soit géré par le conseil d'Etat. Je pense que nos autorités doivent se ressaisir pour pouvoir aborder les choses, non pas sous l'angle politicien mais sous l'angle de la justice et du droit."

A l'issue de la réélection d'Albert Yuma à la tête de la FEC, le conseil d'Etat a été saisi pour demander l'annulation de cette réélection pour cause de non-conformité aux statuts du patronat.

Le conseil d'Etat a remis le compteur à zéro et les élections doivent être réorganisées par la FEC sous la supervision du greffier du conseil d'Etat. Conformément à la loi, elles doivent être réorganisées dans les 15 jours.

Plus de: DW

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