Congo-Kinshasa: Assemblée nationale - Plus de 250 signatures déjà récoltées pour faire tomber le bureau Mabunda

Pour le député national Muhindo Nzangi, cette pétition dessine la vraie configuration de la scène politique au sein de la chambre basse du Parlement et rend effective la requalification de la majorité au niveau du Parlement, appelant ainsi le chef de l'Etat à prendre cette nouvelle donne en compte dans le discours qu'il s'apprête à prononcer après les consultations tenues pendant près de trois semaines.

Le député national élu de Beni dans le Kivu, Muhindo Nzangi, indique que plus de deux cent cinquante signatures ont déjà été recueillies dans le cadre de la pétition visant à faire tomber le bureau de l'Assemblée nationale présidée par Jeanine Mabunda. « J'ai le plaisir et le privilège d'annoncer au peuple congolais que la pétition initiée par les députés nationaux contre le bureau de l'Assemblée nationale dirigé par l'honorable Jeanine Mabunda Lioko a dépassé les 250 signatures. Elle va être déposée dans quelques matins au bureau de l'Assemblée nationale », a-t-il dit dans un élément sonore devenu viral sur le Net et dans lequel le député répondait aux questions de la presse.

A l'en croire, il y a parmi les signataires des députés nationaux de la Coalition Lamuka, du Cap pour le changement (Cach), et d'autres des groupes parlementaires du Front commun pour le Congo (FCC). « Je voulais dire que la majorité absolue des députés qui composent l'Assemblée nationale a retiré sa confiance au bureau de l'Assemblée nationale. Par conséquent, la requalification de la majorité au niveau du Parlement est effective », a affirmé Muhindo Nzangi.

Une influence certaine sur la configuration de la scène politique

Fort de cette réalité, ce député note que la requalification de la majorité au niveau du Parlement est effective. Muhindo Nzangi dit, par conséquent, exhorter le chef de l'Etat, Felix-Antoine Tshisekedi, à prendre cette nouvelle donne en compte dans le discours qu'il s'apprête à prononcer après les consultations tenues pendant près de trois semaines. « Il est donc possible pour le chef de l'Etat aujourd'hui de tenir compte de cette dynamique interne à l'Assemblée nationale constituée des députés de Lamuka, des députés de Cach, et certains autres députés de plusieurs groupes parlementaires du FCC pour désigner l'informateur qui pourra identifier de manière formelle cette majorité au niveau de l'Assemblée nationale », a affirmé cet élu, notant que le dépôt de cette pétition ne se fera pas discrètement. Le programme du dépôt de cette pétition, a-t-il fait savoir, sera présenté dans les heures qui suivent. Et nous demandons au peuple congolais de pouvoir accompagner les députés nationaux qui, aujourd'hui, ont pris leur destin en main pour mettre fin au règne des autorités morales « qui s'intercalent et interfèrent dans la gestion de l'Etat ».

Pour ce député, c'est aussi une occasion pour le chef de l'Etat de pouvoir choisir des animateurs à mêmes de répondre de manière efficace aux besoins du peuple congolais. Plusieurs griefs sont retenus contre le bureau de l'Assemblée nationale dans ladite pétition notamment le blocage des initiatives parlementaires, la gestion opaque des finances de la chambre basse du Parlement, le manque de respect envers ses collègues députés, etc.

Il est, en effet, rappelé qu'il y a quelques jours, les députés du FCC ont rassuré, dans une déclaration, que « la majorité parlementaire est bien identifiée pour une législature », conformément à l'article 26 du Règlement intérieur de leur institution. A en croire cette déclaration, cette majorité est physiquement présente par le biais des signatures des 305 députés présents à Kinshasa, reprise en annexe de ce document et le sera chaque fois que de besoin comme pour les différents votes au sein de la plénière. « Affirmons qu'au vu du fonctionnement de notre système politique, la majorité parlementaire identifiée pour le FCC assumera ses responsabilités et rien ne se fera légalement contre elle et sans elle », ont fait savoir ces députés.

Il est également rappelé que le bureau Mabunda venait d'être raté par une autre action devant le Conseil d'Etat introduite par le député élu de Tshela, dans le Kongo central, Fabrice Puela. Celui-ci avait reproché à Jeanine Mabunda et son bureau de n'avoir pas présenté leur rapport financier en plénière pendant la session de mars, violant ainsi, selon lui, l'article 139 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale. Les juges du Conseil d'Etat, dans l'arrêt rendu le lundi 23 novembre, ont déclaré irrecevable cette requête du député Lamuka, Fabrice Puela.

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