Congo-Kinshasa: L'armée assure qu'elles n'entrera pas dans le débat politique

2 Décembre 2020

L'armée a réaffirmé sa loyauté au président Félix Tshisekedi alors que la coalition au pouvoir est au bord de la rupture.

Réunis dans la salle des congrès du Palais de la nation à Kinshasa, les officiers généraux et supérieurs des FARDC et de la police ont juré fidélité à leur chef, le président Félix Tshisekedi.

Dans la déclaration lue à cette occasion par le général-major Léon-Richard Kasonga, porte-parole de l'armée, "Les forces armées et la police nationale assurent votre suprême autorité qu'aucune campagne de sédition de quelque nature que ce soit ne viendra ébranler notre engagement citoyen et notre détermination à demeurer apolitique, national et républicain", affirment l'armée et la police à l'endroit de Félix Tshisekedi.

Une déclaration en lien avec le contexte politique actuel. La coalition au pouvoir est en effet vacillante depuis que le président Félix Thisekedi a entamé, le 2 novembre dernier, des consultations politiques en vue de la formation d'une nouvelle coalition plus large.

Contrôler l'armée

Alors qu'il pourrait bientôt faire des annonces au terme de ces consultations, Félix Thisekedi voudrait donc s'assurer du soutien des forces de défense et de sécurité longtemps restées sous l'emprise de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Pour Trésor Kibangula, chercheur au Groupe d'études sur le Congo (GEC), "L'ancien président Joseph kabila a encore des relais au sein de l'armée. Il ne faut pas oublier que c'est un pouvoir qui est arrivé aux affaires dans les années 1997 par les armes. Joseph Kabila a plusieurs compagnons de guerre qui sont des officiers, des généraux au sein de l'armée. C'est dans cet environnement que Félix Tshisekedi évolue et il veut donc s'assurer que les plus grands officiers de l'armée puissent lui être fidèles dans ce bras de fer qu'il est en train de livrer avec Joseph Kabila."

L'armée en arbitre

Trésor Kibangula n'exclut pas qu'en cas de crise politique majeure, l'armée intervienne dans le débat politique en se posant en arbitre.

"Le pays évolue de crise politique en crise politique et les deux camps ont peur qu'un troisième homme apparaisse au sein de l'armée pour neutraliser tout le monde comme ce fût le cas avec Mobutu dans les années 1960, au moment de l'indépendance. Il y a eu des crises comme cela entre le président Kasavubu et le premier ministre Patrice Lumumba et Mobutu a surgi de nulle part pour neutraliser les politiques et prendre le pouvoir."

Avant la rencontre entre Félix Tshisekedi et les hauts gradés de l'armée et de la police, c'est le chef de la Garde républicaine, Christian Tshiwewe, qui avait de son côté demandé à ses hommes de ne "pas comploter" contre le président.

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