Cote d'Ivoire: Se déplacer comme tout le monde malgré son handicap

3 Décembre 2020

Entre le manque de bordures de trottoir, de places de parking et d'ascenseurs dans les immeubles, les personnes à mobilité réduite ont encore des difficultés à se déplacer.

Là où certains choisissent la résignation et la mendicité, d'autres personnes en situation de handicap ont décidé de s'affranchir de leur sort. Mais en Afrique, les handicapés vivent souvent dans des conditions difficiles notamment en ce qui concerne leurs déplacements

La journaliste ivoirienne, Agnès Kraidy, à l'occasion de la journée internationale des personnes handicapées, célébrée ce 3 décembre, vient de publier un livre dont le titre est : "Les affranchis du sort".

Il s'agit d'un recueil de 20 histoires de femmes et d'hommes qui ont vaincu leur handicap. "Des personnes valides passent leur temps à se plaindre de leur incapacité à réussir leur vie. Et quand on voit ces personnes, ce qu'elles font, je me dis que ce sont les vrais visages du miracle", Agnès Kraidy explique ainsi le sens de cette initiative.

Handicapé mais avocat général à la Cour suprême

Parmi les personnes handicapées qui ont inspiré Agnès Kraidy pour écrire ce livre se trouve Isidore Silué Couhoua, avocat général à la Cour suprême. Pour atteindre ce poste, Isidore Silué s'est fixé un objectif dans la vie. "Le handicap est plus moral que physique. C'est une question de volonté", raconte Isidore Silué.

L'avocat général ajoute "quand on est conscient de son état, on se donne les moyens de convaincre son état. Cela a été mon cas. Je me suis dit que c'est le seul moyen pour moi d'être respecté dans la société. Donc il fallait s'accrocher. C'est ce que je fais et c'est ce que je continue de faire."

Accessibilité réduite aux immeubles à étages

Aujourd'hui, Isidore Silué dispose d'un bureau au rez-de-chaussée mais auparavant, il était obligé de monter deux étages pour s'y rendre. Agnès Kraidy qui l'a déjà rencontré, il y a quelques années, se souvient de ces difficiles conditions de travail.

La journaliste confirme qu'"à l'époque, ses bureaux étaient au deuxième étage du Palais de justice. J'ai compté les marches pour le rejoindre, il y en avait 260. La contrainte c'est que quand il arrivait le matin au bureau, il n'en descendait que pour rentrer à la maison. Et s'il avait un dossier au rez-de-chaussée, ça lui faisait 520 marches à descendre et monter, c'était insupportable."

Si aujourd'hui les personnes handicapées sont mieux acceptées dans les entreprises, les conditions de travail ne sont pas toujours réunies. Il y a notamment un manque d'ascenseurs dans les bâtiments et peu de parkings qui leur soient dédiés. En Côte d'Ivoire, beaucoup reste donc encore à faire pour améliorer le quotidien des personnes handicapées.

Plus de: DW

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