Sénégal: Marchés publics - Le CNP et l'Armp planchent sur le système de passation

3 Décembre 2020

Une délégation du Conseil national du patronat (CNP), conduite par son président Baïdy Agne, a effectué, mercredi, une « visite de travail et d'échanges » au siège de l'Autorité de régulation des marchés publics (Armp). Une occasion saisie par les responsables des deux structures pour réfléchir ensemble sur plusieurs aspects liés au système de passation des marchés publics au Sénégal.

Pour le président du Conseil national du patronat (CNP), le Code des marchés publics sénégalais, comme dans tous les pays, contient certains volets très complexes du fait de son caractère régulateur entre les plus forts et les plus faibles. Mais, l'objectif pour lui et les autorités présentes à cette rencontre, c'est le renforcement du secteur privé national dans le contenu des dispositions du code des marchés. « L'idée, c'est, parfois à différents moments, de voir comment prendre en compte totalement les dispositions parce que chacune d'elles soulève d'autres interrogations. Mais, ce que nous partageons, entre l'autorité (Armp) et nous, acteurs, c'est le souci d'un renforcement du secteur privé national par les mécanismes, bien sûr, toujours sous-tendus par les principes qui gouvernement l'autorité c'est-à-dire la transparence, l'équité, être autres », a souligné Baidy Agne.

Rappelant, ainsi, que des décrets et lois au niveau local ont été promulgués dans le cadre du pétrole et du gaz, il tient à préciser que « le souci pour (le privé sénégalais, ndlr) c'est de voir comment pouvoir l'étendre dans tous les secteurs du marché public et de passation ».

A l'issue des échanges « fructueux », le président du CNP s'est réjoui de « l'oreille attentive » qui lui a été accordée, soulignant, par ailleurs, que « des accords dans ce sens pour voir comment on peut aller plus loin ».

Un nouveau paradigme sur le fractionnement des entreprises

Abordant, pour sa part, la question du fractionnement des entreprises qui est largement revenue au cours des discussions, Saër Niang, Directeur général de l'Autorité de régulation des marchés publics (Armp) révèle que cette théorie est bannie dans la plupart des Codes de marché public. « On considère que c'est contreproductif, parce qu'effilocher les marchés, en faire de petits marchés, c'est perdre quelque part les possibilités qu'offrent les économies d'échelles », indique-t-il. Au contraire, ajoute le patron de l'Armp, regrouper les marchés de même nature pour en faire un grand marché permet de sélectionner les soumissionnaires, d'avoir des entreprises de grande envergure, qui ont beaucoup de possibilités, d'expériences pour satisfaire le travail.

Toutefois, fait-il constater, « si le souci dans un pays comme le nôtre est de créer des emplois, de soutenir les Petites et moyennes entreprises, il est clair que quand on crée des conditions de concurrence de cette nature en regroupant tous les marchés, peu reste pour les moins puissantes ».

Il informe, dans la foulée, que cette réglementation est en train d'évoluer chez certains partenaires techniques et financiers. « Il y a un nouveau paradigme sur la question. L'idée n'est pas toujours de chercher des faveurs mais de voir, sur le plan stratégique, comment aborder certains marchés. Nous sommes tout à fait en phage avec lui », pense Saër Niang.

A noter que le président du CNP et le Directeur général de l'Armp ont promis de poursuivre les échanges à travers notamment une journée de réflexion, de travail qu'ils comptent organiser entre les responsables des deux structures. Il s'agira, selon eux, de « relire ensemble le Code des marchés publics, interroger la pratique de la commande publique durant ces 10 dernières années et voir quels sont les changements qu'il faudra susciter de manière à adapter davantage notre architecture afin de permettre aux entreprises publiques nationales de voir leurs parts dans les marchés publics s'accroitre de façon considérable ».

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