Sénégal: A MON AVIS - Remettre le Sénégalais d'aplomb

3 Décembre 2020
opinion

Les étoiles, qui veillaient sur notre cher Galsen, sont-elles sur le point de s'éteindre voire de se volatiliser ? Des images et informations distillées dans les médias et réseaux sociaux donnent des frissons et semblent apporter des réponses affirmatives. Le Sénégalais va mal. Et du coup, on ne peut s'empêcher de reconnaître que le « ndeup collectif », dont parlait le célèbre psychologue Serigne Mor Mbaye, s'impose pour le remettre d'aplomb.

Il s'évertue de plus en plus à détourner son esprit de l'essentiel, se focalisant sur des coups bas, manigances et manœuvres. Un de ses jeux favoris : écarter toute personne susceptible de lui porter ombrage, le voyez-moi est devenu fondamental sous nos cieux.

Le Sénégalais en arrive à oublier que l'exploitation prochaine des ressources gazières et minières peut sensiblement améliorer ses conditions de vie et qu'il faut se préparer en conséquence.

En fait, nos compatriotes, qui rêvent d'une meilleure qualité de vie, pensent que c'est en se calfeutrant dans un douillet canapé et en tirant également à bout portant sur l'État et sur tout ce qui bouge, que les choses vont évoluer. Pour eux, c'est l'État qui est invité à tout faire puis à tout leur servir sur un plateau d'argent. Le Sénégal est vraiment une terre bénie... Du coup, le culte de la facilité et de la dépendance a fini par s'ériger en règle.

La propension à tirer sur les multinationales accusées de piller nos ressources risque également d'être grandissante. Même s'il est démontré que les contrats signés ne sont pas toujours à l'avantage des pays africains, force est de reconnaître que celles-ci consentent des investissements colossaux et mettent à contribution un personnel à la hauteur des défis.

Le gaz et le pétrole, des domaines complexes, exigent, en effet, une expertise pointue et des ressources humaines qualifiées. Malgré la volonté exprimée par le chef de l'État de privilégier l'expertise locale mais aussi de donner un sens au contenu local, le Sénégal risque de rater le coche.

Le président de la République a exprimé son souhait de mettre en avant des compétences locales et de créer des conditions pour qu'un nombre important de Sénégalais soient en mesure de répondre aux besoins de ces multinationales, voire d'être au premier plan pour une gestion efficiente de ces ressources. Mais les réalités actuelles ne semblent pas rassurantes.

La jeunesse sénégalaise qui devait être préparée à cette nouvelle ère, se laisse emporter par le divertissement, les jeux de hasard, la facilité. La plupart des jeunes filles sont plus portées vers la séduction, le sexe, la quête de l'argent facile plutôt que sur les études. Il suffit de se rendre dans les écoles et lycées pour constater ce désintérêt pour les cours. Les garçons tombent de plus en plus dans le piège de l'alcool, de la drogue. Le hic, c'est qu'ils se font à l'idée qu'ils auront la possibilité de prendre leur revanche sur le destin le jour où ils vont pouvoir émigrer.

La responsabilité des médias est aussi engagée dans cette affaire. Leurs programmes, notamment leurs séries et téléfilms, très prisés, semblent constituer une incitation à la débauche.

S'inscrivant dans une logique financière, ils ont fini par remettre en cause la notion de patriotisme et de citoyenneté. Ils semblent prendre goût à crétiniser le peuple avec la promotion de contre-valeurs. Les médias, qui façonnent les esprits, sont pour autant bien conscients du rôle majeur qu'ils jouent pour l'éveil du génie sénégalais et l'émergence d'un citoyen plus consciencieux des défis qui l'attendent.

Plusieurs voies de sortie de crise existent pour une transformation qualitative de notre société. La promotion des modèles de réussite, sur la base de valeurs, de l'honnêteté, la dignité, la compétence, pourrait aider à remonter la pente mais aussi canaliser ces esprits corrompus, mis en avant dans les médias, qui risquent de faire tanguer la pirogue. Mais quand c'est le désir d'enrichissement rapide qui prend le dessus sur le patriotisme ...

Plus de: Le Soleil

à lire

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.