Maroc: AD Talks/PCNS - Le devenir de l'Etat providence débattu lors de la 9e session

Rabat — Le devenir de l'Etat providence et les enjeux et défis auxquels il fait face dans le contexte de Covid-19 ont été débattus, jeudi lors de la 9e session de la conférence Atlantic Dialogues, "AD Talks", organisée par le Policy Center for the New South (PCNS) sous l'intitulé: "l'Etat providence dans le grand Sud : le retour d'un grand absent ?".

Rabat, 03/12/2020 (MAP) - Le devenir de l'Etat providence et les enjeux et défis auxquels il fait face dans le contexte de Covid-19 ont été débattus, jeudi lors de la 9e session de la conférence Atlantic Dialogues, "AD Talks", organisée par le Policy Center for the New South (PCNS) sous l'intitulé: "l'Etat providence dans le grand Sud : le retour d'un grand absent ?".

Intervenant à cette occasion, M. Abdelhak Bassou, Senior Fellow au PCNS, a souligné qu'en Afrique, l'Etat providence, par opposition au concept de l'Etat gendarme, est un "tout", rappelant qu'au moment des indépendances dans le continent africain, "les populations attendaient tout de l'Etat".

"C'est un héritage que nous avons de ce moment. l'Etat est donc celui à qui l'on demande tout ce que l'on veut mais à qui l'on impute tout ce qui ne marche pas", a-t-il constaté, ajoutant que dans les crises semblables à celle de Covid-19, "la panique s'installe, et tout le monde lève les yeux vers l'Etat".

Revenant sur la place dudit concept au Maroc et son rôle durant le début de la crise sanitaire de Covid-19, M. Bassou a rappelé l'appel royal à la mobilisation nationale pour la lutte contre ce virus et la création du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie.

"Ce fonds n'a pas réglé tous les problèmes", mais a permis de venir en aide et soutenir un large pan de la société marocaine, a-t-il relevé, soulignant que "c'est grâce à l'Etat" que plusieurs familles marocaines ont pu passer le mois sacré de Ramadan de "façon correcte" malgré les méfaits de la crise sanitaire.

De son côté, le président de Banco de Desenvolvimento (banque de développement) de Minas Gerais au Brésil, Sergio Suchodolski a noté que le débat autour du concept de l'Etat providence et les défis inhérents à sa consolidation ont "des contours spécifiques dans le contexte des pays en voie de développement".

Mettant sur la sellette le rôle de l'Etat providence dans la gestion de la pandémie, M. Suchodolski a préconisé "aux Etats et aux gens de réagir plus efficacement pour répondre aux besoins des populations".

Il a également soutenu que la crise Covid-19 a, d'une part, provoqué "des impacts sur les activités économiques et sur l'emploi" et, d'autre part, montré la nécessité de mettre en place "de nouveaux modèles de croissance qui soient plus productifs, durables et équitables".

Dans ce même sillage, la fondatrice et PDG de la plateforme francophone Lydexperience, Patricia Ahanda, a estimé que la question de l'Etat providence est "cruciale" en ce temps de pandémie et qu'elle concerne aussi bien le Sud que le Nord.

"Habitant dans un pays du nord qu'est la France, je constate que cette pandémie a remis au goût du jour des concepts qu'on considérait comme désuets, éloignés ou utopistes, à l'instar de l'Etat providence, etc", a-t-elle fait remarquer.

Et d'ajouter que la France, qui est considérée en Europe, notamment par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), comme "le champion des Etats providences", n'a pas pu éviter d'être "durement touchée" par la pandémie.

"La pandémie a donc permis de revoir la notion de pauvreté et de désacraliser la notion de l'Etat providence", a-t-elle jugé.

Pour sa part, le président du Forum de Bamako, Abdoullah Coulibaly, a entre autres noté que les réalités de la mise en œuvre de l'Etat providence dans les pays du Nord et dans les pays du Sud "ne sont pas forcément les mêmes".

Par ailleurs, l'expert en développement du secteur privé, Adil El Madani, a observé que ladite thématique devient "de plus en plus centrale" dans le contexte pandémique actuel.

Abordant ce débat sous l'angle de la coopération et du développement, M. El Madani a en outre indiqué qu'"il y a aujourd'hui un consensus mondial croissant selon lequel la protection sociale doit être accessible à tous en tant que bien public universel".

Le débat, tenu par visioconférence, a été modéré par le fondateur de "Trace and True Africa", Claude Grunitzky.

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