Congo-Kinshasa: Homéostasie !

Le 24 janvier 2019, ils prirent un engagement formel, celui de convoler en juste noce. Caméras et autres souvenirs consignèrent dans les annales, ce remarquable passage des fanions dit civilisé, pacifique et démocratique.

Aujourd'hui, à quelques encablures de deux ans de parcours commun clairsemé, certes, d'embûches, de divergences ainsi que des autres opinions contradictoires, les revoici les uns retournés contre les autres.

Ils se promettent, désormais, l'enfer ou l'eschatologie du grand soir.

Eux qui, visiblement, constituaient un duo cheminent, malheureusement, vers un duel au discours acéré, à la diarrhée verbale et aux positions diamétralement opposées.

L'un tenant la majorité parlementaire, même si des pétitions et autres démarches enclenchées tentent d'esseuler les dispositions ficelées de l'accord de la coalition. L'autre détenant, constitutionnellement, la signature.

Et, pourtant, dans le contexte d'aujourd'hui, ces deux-là sont liés. Chacun aurait besoin de l'autre pour continuer.

Ils font partie de la réalité d'une nouvelle page d'histoire en RD. Congo.

Pour preuve, rien que dans l'affaire Malonda, l'on peut s'efforcer d'en tirer des leçons. Sa candidature fut entérinée à l'Assemblée nationale. Mais, au finish, une fois arrivée sur la table de Félix Tshisekedi, elle fut retournée, telle une lettre à la poste, vers son expéditeur.

Et, depuis lors, les jours sont passés et avec eux, tout ce vide devenu difficile à combler avec des crocs-en-jambe pour finaliser ne serait-ce que la composition de la nouvelle centrale électorale.

Des confessions religieuses réclamant des réformes électorales alors que celles-ci devraient, en principe, provenir de ce même Parlement et de Députés décriés. Paradoxe ! Un deuxième exemple, c'est celui de Kabund éjecté, rabroué et presque totalement humilié pour le ramener, enfin, dans la rue. Mais qui, aujourd'hui, se sert de la même rue, pour secouer le cocotier.

Il suffit que lui et son colistier Kabuya toussent devant la base, pour que Sele Yalaghuli aille en procès ou que d'autres membres du gouvernement menacent, eux aussi, de saisir les instances judiciaires, une fois qu'ils se sentent visés.

Un troisième, c'est aussi celui de cette paralysie du gouvernement où les conseils des Ministres ne se tiennent plus alors qu'à un moment donné, la problématique du contreseing et de l'intérim du Premier Ministre, avaient soulevé des montagnes sur la validité des Ordonnances présidentielles portant notamment, nomination des Hauts-Magistrats.

C'est le cas également de la montée en épingles des accusations mutuelles sur ce procès de 100 jours contre Kamerhe. De nouvelles escalades verbales qui, d'ailleurs, ont resurgi sur l'agora, dénotent d'une nouvelle confusion au sujet de ce jeu de Ping Pong entre l'Udps et le FCC sur la responsabilité de qui en seraient, finalement, les vrais tireurs des ficelles ? Des exemples sont légion. On peut rappeler, enfin, celui des mandataires nommés et non entrés en fonction, des ministres FCC recalés à l'aéroport, des interpellations, des arrestations et pressions politiques...

Mais, s'il est vrai que l'objectif recherché derrière les consultations est celui d'impulser un vrai changement à la tête du pays, il n'est pas moins vrai que dans tout cela, les efforts tendent à préserver la paix, l'unité et la sécurité, du moins tout ce qui peut encore être en termes d'acquis, pour garantir l'homéostasie institutionnelle.

Plus de: La Prospérité

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