Congo-Kinshasa: Menaces de mort - 29 Députés français saisissent Emmanuel Macron pour la sécurité du Dr Mukwege

Reconnu pour sa lutte acharnée contre la perpétration des actes de violence en République démocratique du Congo, le Docteur Denis Mukwege fait l'objet de plusieurs menaces pour avoir pris l'engagement de dénoncer à grands cris les différentes formes de crimes qui sont commis du jour au lendemain dans la partie Est du pays.

Après plusieurs dénonciations, c'est le parlement français qui monte au créneau pour solliciter l'implication du Chef de l'Etat Français, Emmanuel Macron, quant aux menaces dont est victime le Prix Nobel de la Paix 2018, Dr Denis Mukwege. Dans une correspondance du 25 novembre dernier rendu public ce jour, ce collectif de députés français, 29 au total, demande à leur président de soutenir que «la Monusco protège et soit garante de la sécurité du Docteur Mukwege».

Ayant chronologiquement tracé l'historique de différents massacres commis à l'Est de la République démocratique du Congo, ces députés français ont reconnu le rôle très indispensable qu'a joué, et continue de jouer le Dr Denis Mukwege, qui s'est courageusement dressé contre les actes de barbarie commis à l'Est du pays dont les femmes sont ciblées à l'occasion de viols collectifs comme arme de guerre.

Ce Prix Nobel de la Paix RD. Congolais s'est mis au service des femmes ayant subi des violences sexuelles, leur prodiguant de l'aide médicale et notamment de la chirurgie reconstructrice dans le cas de mutilation génitale puis progressivement économique, juridique et finalement psychique.

Et, au-delà de ce service, celui qu'on appelle aussi le « réparateur des femmes » s'est également engagé, au risque et péril de sa vie propre vie, à dénoncer au quotidien le silence jugé complice des autorités tant nationales qu'internationales sur les crimes qui sont commis dans la partie Est de la RDC, particulièrement les plus graves entre 1993 et 2003 publiés dans le « Rapport mapping». Ce qui lui a valu des menaces de mort.

Au regard de ce qui précède, ces députés français, dans leur lettre adressée au président de la République Française, Emmanuel Macron, demandent à ce dernier «d'accéder à la requête du Dr Mukwege exprimée lors de la remise de son Prix Nobel, à savoir : ne plus recevoir sur le tapis rouge les dirigeants qui utilisent la violence sexuelle pour accéder au pouvoir et plutôt tracer une ligne rouge contre l'utilisation du viol comme arme de guerre, une ligne rouge qui serait synonyme de sanctions économiques, politiques et des poursuites judiciaires».

Vivement la création d'un tribunal pénal international

Ça fait partie depuis un temps des préoccupations majeures du Prix Nobel de la Paix 2018. En effet, dans la plupart de ses plaidoyers, le docteur Denis Mukwege ne cesse de plaider auprès de la communauté internationale pour la création d'un tribunal pénal international en République démocratique du Congo, une juridiction spécialisée pour la RDC capable de juger tous les auteurs des crimes commis à l'Est du pays.

Dans cette même veine, il est demandé au Président de la République Française, dans cette correspondance, de soutenir la création du tribunal pénal international qui ferait progresser, selon les députés signataires de la présente, les cas avérés de violations des droits de l'homme remontant à avant 2002 dans la région des grands lacs.

Ce n'est pas tout, ces députés demandent à ce que le président de la République Française soutienne "la mise en place aussi rapidement que possible d'une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale sur les menaces dont a fait l'objet le docteur Mukwege", comme l'a préconisé en août dernier Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme de l'ONU.

Enfin, que le président Macron donne l'instruction afin que soit enseigné et que soit l'objet des recherches, y compris le génocide rwandais de 1994 contre les Tutsis, l'ensemble de massacres qui se sont produits dans la région des Grands Lacs. Et, "que les instances de régulation soient sensibilisées à cet égard".

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