Cote d'Ivoire: Yodé et Siro, deux artistes ivoiriens devant la justice

Artistes musiciens ivoiriens Yodé et Siro
3 Décembre 2020

Les deux artistes sont entendus après leurs critiques contre le procureur, Richard Adou, qu'ils accusent de partialité dans les poursuites judiciaires.

Yodé et Siro, sont deux figures emblématiques du Zouglou, un genre musical ivoirien créé au début des années 1990. Ils avaient été convoqués le mercredi 2 décembre, par la gendarmerie nationale, après des propos critiques à l'encontre du procureur d'Abidjan, Richard Adou, lors d'un concert dimanche dans le quartier populaire de Yopougon, dans la capitale ivoirienne.

"Le procureur il n'est plus procureur, Il est procureur d'un seul camp. C'est quel pays ça là ? Allez dire au procureur Adou Richard qu'un mort, c'est un mort, on ne passe pas son temps à chercher les petits Baoulés dans les villages pendant que d'autres sont ici avec des machettes et sont en train d'attaquer de pauvres gens", avait lancé les artistes devant des centaines de jeunes.

Les deux artistes accusent donc le procureur de partialité, de ne poursuivre que les auteurs des crimes commis par un seul camp, après les violences électorales de ces dernières semaines.

Ces propos n'ont pas plu au procureur, Richard Adou, et depuis ce jeudi après-midi, les deux artistes sont entendus par la justice. Selon l'un de leurs avocats, Jean-Serge Gbougnon, ils sont entendus pour outrage à magistrat, troubles à l'ordre public et diffamation.

Les réactions sont nombreuses après leur interpellation. Les artistes ivoiriens sur la toile appellent à la libération de leurs collègues. "Libérez Yode et Siro! En tant qu'artistes engagés, ils n'ont fait que dire ouvertement ce que pensent certains ivoiriens", écrit par exemple Tiken Jah Fakoly sur sa page Facebook.

Contexte politique

L'interpellation de Yodé et Siro intervient dans un contexte de crise politique. L'opposition rejette toujours la réélection du président Ouattara et le dialogue politique est dans l'impasse.

"La situation politique en Côte d'Ivoire est calme. Mais c'est un calme apparent pour laisser une chance au dialogue. Le président Bédié a posé quelques conditions préalables au dialogue avec monsieur Ouattara, notamment la libération immédiate de tous les détenus politiques et le retour des exilés", dit Koné Boubacar, porte-parole du FPI, le Front populaire ivoirien, joint par la DW.

Les violences liées à la présidentielle du 31 octobre dernier ont fait officiellement plus de 85 morts et débouché sur débouché sur l'arrestation et la détention depuis plusieurs semaines de personnalités politiques, dont le porte-parole de l'opposition, l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan et Maurice Guikahué, numéro deux du principal parti d'opposition, le Pdci.

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