Centrafrique: François Bozizé recalé pour la présidentielle

François Bozizé, ancien Président de la République centrafricaine (archive)
3 Décembre 2020

En République centrafricaine, la Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de François Bozizé à la présidentielle du 27 décembre, ainsi que celle de 4 autres candidats. Bangui quadrillée pour éviter les troubles.

En République centrafricaine, la Cour constitutionnelle a invalidé ce jeudi [03.12.20] la candidature de François Bozizé à l'élection présidentielle. Quatre autres dossiers de candidatures ont également été recalés.

Lire -> L'avis de la Cour constitutionnelle ci-dessous (pdf) ou écoutez le passage sur François Bozizé ci-contre:

Les possibles conséquences de cette décision inquiètent certains Centrafricains. D'ailleurs, Bangui, la capitale, est quadrillée par les forces de l'ordre pour éviter tout trouble.

Au total, cinq candidatures aux élections du 27 décembre sur 22 sont invalidées. Parmi eux : l'ancien président François Bozizé qui n'a pas su apporter un certificat de résidence considéré comme valable par la justice centrafricaine.

Danielle Darlan, présidente de la Cour constitutionnelle, a ainsi déclaré :

"Les candidatures suivantes sont invalidées : Bozizé Yangouvonda François, sur le critère de résidence, considérant qu'en lieu et place d'un certificat de résidence délivré par un maire, l'intéressé a produit dans son dossier de candidature une attestation de domicile délivré par le chef de village de Gaga, le 9 octobre 2019. Que le document n'ayant pas la forme légale prescrite, laisse planer un doute sur la date effective de rentrée de Bozizé Yangounda François sur le territoire centrafricain."

Le frein du critère de bonne moralité

En outre, la cour avance que l'ex-président est poursuivi en justice pour des crimes et des détournements, ce qui le disqualifie aussi, "considérant que le candidat fait l'objet d'un mandat d'arrêt international" de la justice centrafricaine depuis mars 2013, après sa fuite du pays, "pour assassinats, arrestations, séquestrations, détentions arbitraires et tortures".

Depuis 2014, François Bozizé fait l'objet de sanctions de l'ONU qui ont été renouvelées cette année. Les Nations unies ont gelé les avoirs de l'ancien président à l'étranger et prononcé une interdiction de voyager au motif qu'il avait "soutenu" depuis son exil des milices coupables, selon l'ONU, de "crimes de guerre et crimes contre l'Humanité".

Pour la cour, il "déroge au critère de bonne moralité inscrit dans le code électoral".

Réaction du camp Bozizé

François Bozizé est actuellement absent de Bangui, il se trouve à l'intérieur du pays où il multiplie les contacts et réunions publiques. Son parti, le Kwa Na Kwa, n'a pas encore réagi à la décision de la cour.

Maître Nicolas Tiangaye est l'avocat de François Bozizé. Il est lui aussi candidat et se montre plutôt résigné au micro de la DW :

"Je n'ai pas grand-chose à dire, la Cour constitutionnelle est une juridiction devant laquelle on ne peut faire recours. Ma joie n'est pas complète du fait que certains candidats ont été écartés."

Joint par l'AFP, Christian Guenebem, directeur de campagne de François Bozizé estime que "ni le mandat d'arrêt ni les sanctions ne constituent des condamnations et il continue de bénéficier de la présomption d'innocence", avant d'ajouter que "viendra le temps de la réaction".

Les candidats retenus, des noms connus

1.Touadera Archange

2.Dologuele Anicet

3.Ziguele Martin

4.Patassé Sylvain

5.Kamoun Mahamat

6.Agou Augustin

7.Mboligoumba Crépin

8.Anguimate Eloi

9.Nguendet Alexandre

10.Meckassoua 11.Abdoul karim

12.Samba Panza

13. Gonda Cyriaque

14. Tiangaye Nicolas

15.Kolingba Désiré

16.Reboas Aristide Briand

17.Bokassa Serge

Les Centrafricains veulent la paix

Les Centrafricains craignent que les candidats déboutés, et notamment les partisans de François Bozizé, ne réagissent par la violence à la mise à l'écart de leur candidat.

Des habitants de Bangui témoignent à notre micro de leur espoir de ne pas voir la situation dégénérer :

"La décision de la Cour est un travail républicain. Elle a bien voulu écarter certains candidats. Quoi de plus normal ?

- Pour moi je veux la paix pour nous permettre de travailler et gagner notre pain.

- Moi je ne réclame que la paix."

Plus de: DW

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.