Cameroun: La paix semble encore lointaine dans les régions anglophones

Depuis près de quatre ans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont en proie à un conflit entre des groupes armés indépendantistes et les forces de l'ordre au Cameroun. Les tueries et les exactions commises dans les deux camps ont fait plus de 3 000 morts et 700 000 déplacés. Le gouvernement a finalement organisé des élections régionales qui doivent permettre ces régions à accéder à un statut spécial. Mais, pour ceux qui ont tout perdu et fui leur domicile, la paix semble encore lointaine.

Tout au fond d'une ruelle boueuse de Douala, il y a la maison du chef de quartier, Joseph Mofor ; des dizaines de femmes et d'enfants s'y entassent. Démunis, comme Claudette, arrivée il y a presque un an de son village dans la région Nord-Ouest avec ses six enfants : « Mon père, ma mère et mon mari sont morts. Un jour, alors que j'étais aux champs, les militaires sont arrivés et ont tué mon mari. Il n'était pas un combattant de la rébellion ! Après, on a fui dans la forêt, on y est restés longtemps. On dormait dans des trous qu'on creusait dans la terre, certains jours on ne mangeait rien. »

Il faut le « franc dialogue »

Elle réussit finalement à rejoindre Douala et entend parler de ce chef qui recueille les déplacés internes du conflit. Aujourd'hui, ils sont 34 à vivre chez lui. En quatre ans Joseph Mofor a accueilli 370 personnes et plus de 200 enfants. Il ne voit qu'une issue à cette crise : « Vraiment, le gouvernement ne peut pas comprendre que ce n'est que le dialogue qui peut résoudre, le franc dialogue. Ils s'asseyent pour trouver des solutions. Si c'est le fédéralisme, on va au fédéralisme. »

D'abord la paix

Et ces régionales qui sont censées apporter plus d'autonomie aux régions anglophones n'ont pas de sens en plein conflit à ses yeux : « On ne peut pas faire des régionales avec des tueries. Il faut d'abord la paix ». En attendant, sa bataille à lui continue : trouver de quoi nourrir, vêtir et soigner ceux qu'il recueille.

Plus de: RFI

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