Madagascar: Crise d'eau et d'électricité - Risque d'explosion sociale

La queue interminable des bidons jaunes envahit les quartiers.

La grogne commence à monter au niveau des réseaux sociaux concernant la crise d'approvisionnement en eau et électricité dans plusieurs quartiers des grandes villes.

La Jirama a annoncé un délestage pour plusieurs quartiers de la ville. Une situation qui a été déjà vécue dans la cité depuis quelques jours où les coupures d'électricité commencent à se multiplier. Selon la compagnie nationale d'eau et d'électricité, le problème est lié à l'étiage des eaux qui alimentent le barrage d'Andekaleka et qui impacte ainsi la turbine qui devrait, en effet, rabaisser la cadence. Du coup, la production d'électricité se voit réduite de presque 77% de son rythme habituel. En temps normal, selon la Jirama, Andekaleka produira 93MW mais actuellement, le barrage n'est qu'à seulement 23MW. Et les consommateurs de la Jirama se trouvent ainsi dans l'obligation de vivre des coupures qui peuvent aller d' « environ 2 heures » par jour, selon la Jirama. Pourtant, ces derniers refusent d'avaler la couleuvre.

Politique énergétique. L'effondrement de l'alimentation en électricité et la crise de l'approvisionnement en eau dans plusieurs villes du pays compliquent davantage le quotidien des ménages et créent la tension. La Jirama se trouve dans la tourmente. Elle est pointée du doigt comme étant à l'origine de ces difficultés quotidiennes des milliers de ménages qui subissent actuellement les revers d'une absence, depuis des décennies, d'une vraie politique énergétique dans le pays. Sur les réseaux sociaux, on constate alors que la grogne commence à monter et les nerfs sont à vif. Les propos virulents contre la société nationale d'eau et d'électricité gagnent du terrain sur la toile.

Auto-relevé. La Jirama, elle, a promis de réformer en commençant par l'amélioration de la qualité de ses services aux consommateurs. Mais, dans le rang des ménages, beaucoup restent très critiques envers la société. La nouvelle politique d'auto-relevé des consommations par les ménages mise en place depuis les périodes de confinement, par exemple, n'a pas eu les effets escomptés. « On nous a informés de ce nouveau dispositif juste pendant les périodes de la crise liée au coronavirus, mais on s'étonne actuellement qu'il a été maintenu par la Jirama pour nous laisser faire leur métier », a lâché une cliente dans le quartier populaire d'Andravoahangy, dans le cinquième arrondissement. Certains se plaignent aussi du manque de communication de la part de la Jirama concernant cette nouvelle méthode qui déterminera, en grande partie, le montant de la facture de la fin du mois.

Promesses. Le Président de la République a promis d'éradiquer ce problème de délestage au pays. Mais, la réalité est en décalage par rapport à ces paroles présidentielles. Ni la Jirama, ni le ministère de l'Energie et des hydrocarbures, qui sont chargés de donner de la matière à cette promesse présidentielle, n'ont trouvé jusqu'à présent la recette efficace pour résoudre le problème. Au contraire, il persiste et risque fort de mettre le feu aux poudres. Car, avec cette crise d'eau et d'électricité, vient actuellement la hausse des prix de certains produits de première nécessité sur le marché, laquelle hausse indique une pente croissante du coût de la vie en général. Le prix du riz, par exemple, alerte le gouvernement qui convoque à une réunion de crise sur le sujet.

Plus de: Midi Madagasikara

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