Congo-Brazzaville: Village Roch Kintouari - Reflet de l'exode urbain de la ville vers la campagne

A vocation agricole, les habitants du village Roch Kintouari, dans le département du Pool nord, vivent au rythme de la coexistence des plantations des cultures vivrières destinées à la consommation locale et des cultures à vocation plus commerciale qui seront vendues à Brazzaville.

Par un interminable sentier grimpant serpentant après le dernier village de l'ultime station du bus « Combattants » en provenance de Brazzaville, on parvient enfin au village haut perché Roch Kintouari, situé sur la rive gauche de la rivière Mati vert. Il s'offre au sommet de la montagne à celui qui, hautement méritant, aura bravé le trajet durant deux heures de marche.

Ici, pas de crise sanitaire liée à la covid-19 mais plutôt une joie de vivre naturelle avec une petite promesse agricole d'une authenticité sans fard. Ses habitants, la quarantaine de moyenne d'âge, ont dû quitter les villes congolaises à la recherche de terres cultivables qui puissent devenir source de revenus. « C'est l'exode rural devenu exode urbain », confie l'un des jeunes.

Et d'expliquer que la ville ne leur offrait plus aucune possibilité de subsistance. « Pour avoir des revenus, j'ai dû partir de Brazzaville. Je me suis endetté et je consacre désormais mon temps aux cultures vivrières et à la culture du manioc ».

Pour ce peuple de la brousse et de la savane, dans des conditions climatiques souvent difficiles, encore contraint de charrier ses jarres d'eau de la rivière au bas fond jusqu'au village, et où le manque cruel de matériel agricole oblige à travailler plus durement à l'ancienne, la vie est rythmée autour de la pratique quotidienne de la polyculture vivrière. Elle leur permet de cultiver pour vivre et espérer récolter une cinquantaine de sacs de foufou par hectare au bout de deux ans.

Entre-temps, en attendant les récoltes, le lien physique est maintenu avec la ville par l'arrivée attendue, chaque lundi, du camion de Boda qui relaie Brazzaville au village Roch Kintouari au milieu de la nuit pour repartir le lendemain. A bord en venant, un chargement de produits de première nécessité alimentaire. Au retour, les produits de la récolte, fruitiers et autres victuailles. Autrement, ce sont les plaques solaires qui servent à alimenter les téléphones portables et les postes de radio. « Malgré le manque d'engins agricoles et l'accès à l'eau potable du moment, nous sommes désireux de faire en sorte que notre village devienne un village pilote spécialisé en agriculture moderne », espère le chef de village, Roch Didier Boueya, fondateur de ce groupement.

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