Sénégal: Violences faites aux femmes, avortement médicalisé autorisation parentale, refus de paternite... - Les députés acculent Ndèye Sali Diop Dieng

4 Décembre 2020

Lors de l'adoption du projet de budget de son département hier, jeudi 3 décembre 2020, à l'Assemblée nationale, le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndèye Sali Diop Dieng, a apporté des réponses aux doléances des députés. Il s'agit, entre autres, des violences faites aux femmes, de l'avortement médicalisé, l'inceste, l'autorisation parentale et le refus de paternité.

Lors du vote du budget de son ministère pour l'exercice 2021, Ndèye Sali Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, a été interpellée par les députés, entre autres, sur les violences faites aux femmes, l'avortement médicalisé, l'inceste, l'autorisation parentale et le refus de paternité.

La parlementaire Juliette Paul Zhinga a pointé du doigt les contraintes liées à l'avortement médicalisé. «On parle d'avortement médicalisé en cas de viol ou d'inceste. Il ne faut pas que l'avortement médicalisé soit un tabou car quand on dit avortement médicalisé, cela veut dire que c'est criminalisé dans le Code pénal à son article 305. Ce tabou continue à gangréner la société», explique Mme Zhinga. «Qu'est-ce ce que les religieux disent par rapport au père qui engrosse sa fille ? Qu'est-ce que les religieux disent par rapport au frère qui engrosse sa sœur ?», questionne la député.

Et d'ajouter que, «même dans les Daaras et les pensions où nous amenons nos enfants, les filles comme les garçons subissent des viols et on les pousse à subir cette injustice. La loi criminalisant l'inceste, la pédophilie et le harcèlement sexuel est voté depuis le 30 décembre 2019, qu'attendez-vous pour parler de ce problème? Le Sénégal a signé et ratifié tous les textes de lois sous régionales et internationales relatives à l'avortement ; il est temps qu'on enlève les masques et qu'on discute de façon pragmatique pour régler ce problème».

REFUS DE PATERNITE ET AUTORISATION PARENTALE

Les députés ont porté également le plaidoyer des femmes de la diaspora pour leur faciliter l'obtention d'une autorisation parentale afin que ces dernières puissent avoir la facilité de faire un passeport pouvant leur permettre de voyager avec leurs enfants. Parce que, selon eux, les femmes qui travaillent et souhaitent envoyer leurs enfants au pays éprouvent beaucoup de difficultés pour avoir ce papier. Car, beaucoup d'hommes refusent de se présenter au consulat pour les formalités. S'agissant du problème lié à la paternité, les députés souhaiteraient qu'en cas de refus (de paternité), qu'un test ADN soit effectué. Et, pour ce test, s'il ne peut pas être gratuit, que l'- homme le paie, si c'est lui le père. Au cas contraire, c'est à la femme de payer.

VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

En réponse aux interpellations, la ministre Ndèye Sali Diop Dieng estimera que la loi criminalisant le viol et la pédophilie constitue une «avancée majeure» pour le Sénégal. Mieux assure-t-elle, son département va mobiliser tous les acteurs notamment de la société civile et les femmes pour sa vulgarisation et mettre en place des stratégies pour trouver des solutions. Répondant aux députés sur le Code de la Famille et sur l'avortement médicalisé, le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants a dit qu'elle ne peut pas s'avancer trop sur ce sujet car «c'est un sujet sensible parce que le Sénégal est un pays à 95% de musulmans. Même si le Sénégal a ratifié et signé des Conventions concernant l'avortement, ça ne veut pas dire que les autorités ne sont pas d'accord. Même les religieux n'approuvent pas cette loi»

DEVELOPPEMENT DES ACTIVITES DES FEMMES ENTREPRENEURES : Un programme d'installation d'unités industrielles en gestation

Lors de ce vote du budget de son ministère pour l'exercice 2021, la ministre en charge de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants a révélé que le gouvernement compte doter prochainement chaque région administrative du pays des unités industrielles de transformation des produits agricoles, halieutiques et ceux issus de l'élevage pour accompagner le développement des activités des femmes entrepreneures. Ndèye Saly Diop Dieng en fait l'assurance aux députés au moment du vote du budget de son ministère arrêté à près de 93 milliards. »

Nous allons accompagner les femmes entrepreneures à se hisser à un niveau d'activités plus important par la mise en place, au niveau de chaque région, d'une unité industrielle de transformation des produits agricoles, halieutiques et de l'élevage", a-t-elle notamment déclaré. Elle a rappelé que le ministère des Finances avait déjà accordé le principe d'un appui de 500 millions de francs Cfa dans le cadre de l'installation de ces unités industrielles au profit des femmes. Et de relever dans la foulée : « Cette démarche visant à positionner davantage les femmes dans l'échiquier économique et permettra de créer des championnes, en matière d'entrepreneuriat des femmes ».

La ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Ndèye Saly Diop Dieng, a également fait savoir que « La stratégie nationale pour l'autonomisation économique de la femme, assortie d'un plan d'actions prioritaires 2020-2024, va nous permettre de positionner les femmes actives dans l'économie », tout en rappelant que cette stratégie élaborée de façon inclusive sera mise en œuvre après sa validation par le chef de l'Etat. La ministre en charge de la Femme a dans la foulée fait savoir que les prochaines étapes de son programme d'animation socio-économique dans les régions de Fatick, Kaolack, Kaffrine, Kédougou et Ziguinchor, sont prévues au premier trimestre de 2021.

ADOPTION DU BUDGET DU MINISTERE DE LA FEMME Ndèye Sali Diop Dieng dotée de près de 93 milliards.

Le projet de budget du ministère de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, a été adopté hier, jeudi 3 décembre 2020, par les députés à l'Assemblée nationale. Bien qu'il y ait eu des députés qui ont jugé que ce budget est insuffisant pour un département ministériel aussi important. Le budget 2021 du ministère chargé de la Femme et de la Famille est arrêté à la somme de 92.985.985.287 de francs CFA en autorisations d'engagement et 25.281.840.457 de francs CFA, en crédits de paiement.

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