Afrique: HRW épingle les forces de sécurité en Côte d'Ivoire

2 Décembre 2020

D'après Human Rights Watch, les forces de sécurité ont tué des manifestants. L'ONG demande aux autorités de Côte d'Ivoire des enquêtes crédibles.

L'ONG Human Rights Watch affirme dans un communiqués'être entretenu par téléphone avec plus de 36 personnes sur les violences postélectorales, notamment 24 victimes et témoins ainsi que des journalistes, des avocats, des membres de partis de l'opposition et des représentants de la société civile.

Human Rights Watch (HRW) a aussi analysé des photographies et des enregistrements vidéo pour corroborer les récits des victimes et des témoins.

Sur cette base, l'organisation de défense des droits de l'homme accuse les forces de l'ordre ivoiriennes d'avoir tué des manifestants avec leurs armes.

Les faits se seraient déroulés en dehors d'Abidjan, à Elibou. "Il y avait une manifestation paisible de l'opposition, selon les trois témoins que nous avons interviewés, qui a été réprimée par les forces de l'ordre qui ont tiré sur les manifestants en tuant au moins deux personnes", explique Jim Wormington, chercheur en charge de l'Afrique de l'Ouest à Human Rights Watch et auteur du rapport.

Le gouvernement rejette les accusations

D'après HRW, le gouvernement ivoirien n'a pas reconnu les faits. Aimée Zebeyoux, la Secrétaire d'Etat chargée des droits de l'homme, "a déclaré dans un courrier adressé à Human Rights Watch que personne n'a été tuée ou blessée par balle du fait des forces de l'ordre, et que les enquêtes avaient été lancées afin 'd'identifier et d'interpeler toutes les personnes (partisan du Gouvernement comme ceux de l'opposition)' ayant commis les infractions pénales", précise l'ONG dans son communiqué.

Jim Wormington insiste ce pendant que "selon nos recherches, selon nos témoins selon les vidéos qu'on a analysées, les forces de sécurité avaient tiré sur les manifestants".

Human Rights Watch souligne par ailleurs que des partisans des deux camps, pouvoir et opposition ont été impliqués dans des actes de violence. Jim Wormington met en cause cependant "un système judiciaire qui n'est pas équitable et qui dans l'histoire, a plutôt favoriséles enquêtes et les poursuites contre l'opposition".

Ce la, dit-il, "fait craindre que les enquêtes et les poursuites qui continuent sont plutôt motivées par des raisons politiques et pas, par des raisons de justice".

Plus de: DW

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