Centrafrique: Les réactions au rejet de la candidature de Bozizé

4 Décembre 2020

La Cour constitutionnelle a invalidé la candidature de l'ancien président François Bozizé pour la présidentielle du 27 décembre prochain, ainsi que celle de quatre autres candidats.

Pour justifier sa décision du jeudi 3 décembre, la présidente de la Cour constitutionnelle Danièle Darlan a avancé plusieurs motifs. Elle a ainsi indiqué que François Bozizé était poursuivi pour des crimes présumés, lorsqu'il était au pouvoir entre mars 2003 et mars 2013. "Le candidat fait l'objet de sanctions" de l'ONU datant de 2014 et renouvelées en juillet 2020, et "il déroge au critère de bonne moralité inscrit dans le code électoral", ajoute-elle.

En 2014, les Nations unies avaient fait geler ses avoirs à l'étranger et lui avaient interdit de voyager, au motif que l'ancien chef de l'Etat avait "soutenu" depuis son exil des milices coupables, selon l'ONU, de "crimes de guerre et crimes contre l'Humanité".

"Très sincèrement, je puis vous dire que nous ne sommes pas totalement surpris, mais circonspect, quant aux arguments qui ont été avancés. Puisque nous avions ouï-dire depuis un temps que le pouvoir en place était dans toutes les manœuvres pour invalider la candidature du plus sérieux candidat en face d'eux. En témoignent les nombreuses effusions populaires dans les villes-étapes de sa tournée, digne d'un leader de son rang", réagit Christian Olivier Guenebem-Dedizoum, porte-parole et directeur national de campagne du Kwa Na Kwa, (en langue sango, Kwa Na Kwa signifie "le travail, rien que le travail"), le parti de François Bozizé.

Selon Olivier Guenebem-Dedizoum, "ni le mandat d'arrêt ni les sanctions ne constituent des condamnations et il continue de bénéficier de la présomption d'innocence".

Perquisition et pillage

Vingt-quatre heures seulement après l'invalidation par la Cour constitutionnelle de la candidature à la présidentielle de l'ancien Président François Bozizé, la tension monte.

La résidence privée du colonel Francis Bozizé, fils de l'ancien président a été perquisitionnée et pillée par des éléments de la garde présidentielle. Tandis qu'à Bossangoa, fief de François Bozizé, il règne un climat délétère.

Approbation de la société civile

Mais la plupart des acteurs de la société civile saluent plutôt la décision de la Cour constitutionnelle qu'ils jugent courageuse.

"La Cour a dit le droit, parce que ces invalidations ont été motivées, des raisons ont été précisées. Il y a beaucoup d'autres cas. Des cas d'assassinats, des détournements de deniers publics qui sont vraiment de notoriété publique dans le pays" estime Gervais Lakosso, le coordonnateur du groupe de travail de la société civile au centre du mouvement E Zingo Bian.

Dans un communiqué de presse conjoint, les membres du G5 composé de partenaires régionaux internationaux de la Centrafrique, ont dit prendre acte de la décision de la Cour constitutionnelle et ont réitéré leur engagement á accompagner la RCA à organiser le double scrutin présidentiel et législatif dans des conditions optimales.

Plus de: DW

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