Afrique du Sud: La jeunesse, proie facile pour les terroristes

4 Décembre 2020

Selon un sondage, de nombreux jeunes en Afrique sont inquiets de l'influence grandissante des groupes terroristes.

Le sondage été réalisé par une fondation sudafricaine dans une quinzaine de pays d'Afrique subsaharienne. Sur environ 4.000 jeunes interrogés, au moins 70% affirment être inquiets. Certains avouent par ailleurs avoir été soit directement contactés par des groupes terroristes, soit connaître quelqu'un qui a déjà été recruté par une organisation terroriste, ou qui soutient un de ces groupes.

La fondation appartient à Ivor Ichikowitz, un philanthrope et homme d'affaires sudafricain, propriétaire entre autres du Paramount Group, une entreprise spécialisée dans le secteur de la défense.

La publication de l'étude intervient dans un contexte de progression des activités terroristes à travers le continent, du Sahel au sud du Mozambique, en passant par la Corne de l'Afrique.

2% des personnes interrogées affirment avoir reçu une proposition d'intégrer un groupe terroriste. 3% affirment connaître quelqu'un qui a été approché pour être recruté et 3% disent connaître quelqu'un qui soutient un groupe terroriste ou radicalisé.

Ces témoignages sont alarmants selon Nico De Klerk, le directeur de la communication de la fondation :

"Si l'on rapporte ce constat à tout le continent, ce sont des chiffres élevés. Ce que cela nous dit, c'est que les jeunes sont approchés par des organisations terroristes et qu'ils ont le sentiment que c'est un problème auquel ils sont confrontés quotidiennement. Mais d'autres problèmes comme le chômage et la corruption sont encore plus préoccupants pour eux et doivent être résolus en priorité."

Les jeunes veulent une réponse de l'Etat

Aujourd'hui en effet, le terrorisme ne vient qu'en neuvième position dans les préoccupations des jeunes, indique l'étude qui en déduit une amélioration par rapport aux cinq dernières années.

Mais lorsqu'on leur demande les actions les plus importantes à entreprendre par les pouvoirs publics, les jeunes citent en sixième position la lutte contre le terrorisme.

Âgés entre 18 et 24 ans, les 4200 participants sont originaires de quatorze pays d'Afrique subsaharienne dont le Sénégal, le Gabon, le Congo-Brazzaville, le Togo ou encore le Mali, où les jeunes sont ciblés par les djihadistes qui cherchent à les recruter.

Sidi Cissé est le président du Conseil communal de la jeunesse de Gao, dans le nord du Mali.

"Quelqu'un qui a faim, quelqu'un qui n'a pas d'emploi, ne peut pas éternellement mener une telle vie. Alors les jeunes sont des proies faciles, je l'assume, à l'enrôlement dans les groupes armés".

Ivor Ichikowitz insiste par ailleurs sur la nécessité d'empêcher les groupes terroristes de mener les activités qui leur permettent de se financer, comme le contrôle des ressources minières dans différents pays, ou encore le trafic de drogues.

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