Madagascar: Un débat citoyen sur les priorités du budget de l'État

Le texte, adopté la semaine dernière par l'Assemblée nationale, a suscité de vives réactions du côté de l'opposition et de la société civile. Cette dernière avait dénoncé « un budget voté à la va-vite et incohérent avec les besoins et enjeux de la population ». Hier après-midi, le mouvement Rohy, qui regroupe des associations dans tout le pays, a organisé un débat citoyen à Antananarivo, la capitale, pour mieux impliquer les Malgaches concernant l'utilisation de l'argent public.

Dans la salle, de nombreuses mains se lèvent et les questions fusent. Dans l'assistance, Henintsoa, étudiante. « Je suis venue ici parce que je voulais savoir comment était élaboré ce projet de loi de finances et qui doit rendre des comptes concernant les mesures prises pendant et après la pandémie de Covid-19. »

Dans ce contexte post-Covid-19, le gouvernement choisit-il les bonnes priorités dans ce texte qui va réglementer les dépenses publiques de la nation pour l'année à venir ? C'est la question qui a été débattue pendant un peu plus de deux heures vendredi 4 décembre avec un représentant du ministère de l'Économie et des Finances.

Augmentation du budget du ministère des Sports pour la construction notamment de stades mais baisse de celui de la Santé, mesures de soutien aux entreprises quasi inexistantes alors qu'elles ont été durement frappées par les restrictions liées à l'épidémie de Covid-19... Les priorités du gouvernement dans le projet de loi de finances interrogent le public.

Demande de plus de moyens pour la santé

Le représentant du ministère de l'Économie, Mihary Rabearison, tente de répondre et met en avant « les exonérations sur le matériel médical et les équipements de protection individuelle », ainsi que « la réhabilitation d'hôpitaux ». La construction d'infrastructures stimule l'économie et la création d'emplois, fait-il encore remarquer. Mais il botte en touche sur plusieurs sujets. La porte est ouverte pour apporter des modifications puisque le texte doit encore passer par le Sénat, soutient-il.

Faire bouger les lignes, c'est ce qu'espère la société civile. « On espère, entre autres, que les effectifs au niveau de la santé seront renforcés, déclare Hony Radert, secrétaire générale du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes et membre du mouvement Rohy. Ils ont été diminués dans le projet de loi de finances. Au niveau des biens et services, même si le ministère des Finances a dit qu'il ne devrait pas y avoir d'impact, nous avons bien vu que, par exemple, les services mobiles ne pouvaient pas aller vers les communautés faute de carburant. On espère que cela va être modifié. »

Le vote du texte au niveau de la chambre haute est prévu la semaine prochaine.

Plus de: RFI

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