Congo-Kinshasa: La MONUSCO mobilise les femmes pour dénoncer les auteurs de violences sexuelles

communiqué de presse

Dans le cadre des activités liées à la campagne des 16 jours d'activisme pour mettre fin à la violence faites aux femmes, du 25 novembre au 10 décembre 2020, les femmes policières de la MONUSCO ont organisé à Bunia, une Journée d'échanges et de sensibilisation au profit de 50 femmes membres de diverses associations féminines en Ituri.

La campagne a été organisée en collaboration avec la Section VIH/SIDA de la MONUSCO, la Police Nationale Congolaise (PNC) et l'ONG SOFEPADI, Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement intégral et la Fondation NAOEMIE.

Selon les organisateurs, cette rencontre visait à impliquer davantage ces femmes, principales victimes des violences sexuelles et basées sur le Genre, dans la lutte contre ce fléau qui trouve un terreau fertile dans l'activisme des groupes armés, mais aussi dans certains us et coutumes couplés à la pandémie du Covid-19.

Il est important que les femmes refusent de négocier avec leurs bourreaux.

S'impliquer dans cette lutte, c'est aussi dénoncer systématiquement les auteurs de ces violences, briser le mur de silence, être actrices et non spectatrices. Pour le point focal des violences sexuelles basées sur le Genre au sein de la Police de la MONUSCO à Bunia, Monique Nguessan, « il est important que les femmes refusent de négocier avec leurs bourreaux en cas de violences commises contre elles, elles doivent obligatoirement les dénoncer et non se taire ».

Aussi, des « numéros verts » ont-ils été distribués aux participantes pour leur permettre de contacter gratuitement les autorités et la Police, afin de signaler tout acte de violence à l'égard des femmes (mais aussi des enfants et autres personnes vulnérables, et de briser ainsi le silence qui entoure généralement ces actes.

« Cette journée d'échanges valait la peine ; beaucoup de femmes ne veulent pas dénoncer leurs bourreaux, pourtant nous devons les dénoncer et grâce à la Police de la MONUSCO, nous avons compris l'importance de cette lutte. Nous demandons que ces sensibilisations soient faites au niveau de la base même, pour que les femmes connaissent l'importance de ces 16 jours d'activisme et du combat qui est le leur », a déclaré Noella Mwinda Nsanga, présidente de l'Association Solidarité de l'Ituri.

Plusieurs thèmes ont été abordés au cours de cette rencontre, notamment le rôle de la Police dans la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes, l'importance de l'implication des femmes dans lutte contre les violences, l'impact physique et psychologique des violences sexuelles sur les femmes, les conséquences des violences sexuelles (dont les maladies sexuellement transmissibles... ) ou encore le rejet social. Les participantes ont également été sensibilisées sur les procédures à suivre en cas de viol et de toutes les infractions qualifiées de violences basées sur le Genre.

Marie-Charlotte Banabawa, Présidente de l'Association des Femmes protestantes de l'Ituri a trouvé cette rencontre très utile et voit plus loin : « cette séance m'a beaucoup inspirée ; nous allons poursuivre les sensibilisations et nous organiser pour rencontrer les Chefs des groupes armés, pour leur demander de déposer les armes pour la paix en Ituri ».

A noter qu'à l'issue de cette sensibilisation, un don - composé de pagnes et de sacs de riz et de haricot du Réseau des Femmes de la Police de la MONUSCO/Bunia a été remis à cinq survivantes de viol et en situation de vulnérabilité, par le canal de l'ONG SOFEPADI, qui assure le suivi médical psychologique desdites victimes.

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