Afrique: ARTs, culture et patrimoine en Afrique - Les grands défis de la RDC à la présidence de l'Union africaine !

D'ici le mois de février 2021, la République Démocratique du Congo prendra la tête de la présidence tournante de l'Union Africaine pour l'exercice 2021-2022. « Culture, arts, patrimoine : leviers du développement de l'Afrique... » est le thème principal qui accompagne le mandat de Félix Tshisekedi, Chef de l'Etat congolais.

C'est non seulement une opportunité mais aussi une grande responsabilité pour une nation culturellement riche avec une potentialité artistique énorme grâce à sa diversité culturelle et à sa génie créative dans toutes les disciplines.

Pourtant négligée avec un taux de 0.16% (12 millions $) au budget, la culture est au cœur du mandat de la RDC. Or, elle défend et vend mieux l'image du pays que d'autres secteurs. Malgré l'ignorance des dirigeants Congolais, l'approche de l'Union Africaine est un signe du destin qui montre l'importance et le rôle de la culture pour développer l'économie sur le continent. Les Chefs d'Etats et de gouvernement de l'UA ont déclaré «2021 : Année des arts, de la culture et du patrimoine en Afrique». Ce thème est un défi que lance l'Union Africaine à Félix Tshisekedi et son pays.

En prélude de son entrée en fonction à la présidence de l'Union, Félix Tshisekedi a nommé les membres du panel chargé d'accompagner la mandature de la RDC à la présidence de l'Union africaine pour l'exercice 2021-2022.

Il faut noter que ce panel est une structure de réflexion et de travail chargé d'assister le Président Félix Tshisekedi dans l'implémentation de sa vision et dans l'élaboration et la mise en œuvre de son plan d'actions à la tête de l'Union. Les membres du panel ont aussi la mission de contribuer à l'analyse, à la rédaction et à la préparation des prises de position continentale du Chef de l'Etat congolais et d'assurer le suivi fonctionnel, administratif et financier des activités de la présidence de l'UA assurée par la RDC.

Parmi les nommés, on retrouve le professeur Isidore Ndaywel, une grande personnalité culturelle et historien attitré en RDC.

Vu la complexité de la thématique, le professeur Ndaywel a tenu, la semaine dernière, une grande réunion importante avec quelques experts congolais de la culture et des arts, autour du prochain mandat de la RDC à la tête de l'UA. Ont pris part active à cette rencontre le Directeur général de Institut national des Arts (INA), le Professeur -écrivain André Yoka, ainsi que son collègue Henri Kalama, de l'Académie des Beaux-arts, (ABA) ; Mme Yolande Elebe, Présidente de Femmes de lettres du Congo (FELCO) ; Paul Ngoie Leperc, Coordonnateur du Collectif des Artistes et des Culturels, (C.A.C/Asbl), Prof Ribio Nzeza, Myoto Liyolo, entrepreneure culturelle et tant d'autres têtes pensantes de la culture.

Selon nos fins limiers, le but de cette rencontre était de réfléchir et d'échanger sur l'apport du secteur culturel et ses attentes pendant cette présidence de la RDC de l'UA.

Un cahier des charges au centre des échanges entre le panel et les experts de la culture

Avant tout, le panel a fait une brève communication dans laquelle il a évoqué les difficultés liées à ce mandat de la RDC qui n'a pas pris suffisamment du temps pour se préparer et faire face aux enjeux pendant cette période où l'Union africaine est en pleine réforme.

Déjà, la crise sanitaire imposée au monde par la Covid-19 n'a pas permis à la République Sud-Africaine de bien mener son mandat avec son thème : « Faire taire les armes». Donc, le fait pour la RDC de prendre la présidence après la RSA, n'est pas une mince affaire dans la mesure où son processeur souhaite que le thème soit repris en partie. Surtout que le Président sud-africain plaide pour la suite de la thématique sous le mandat de la RDC. Est-ce que le Président congolais acceptera cette proposition ? Signalons que lors de son cinquantenaire en 2013, l'UA s'est fixée des objectifs à atteindre pour le centenaire à venir, qui aura lieu en 2063. Vu les perspectives continental et d'autres situations en RDC, le panel s'active rapidement dans la rédaction des dossiers culturels de la RDC qui définit quelques orientations pour l'ensemble du mandat.

Sur ce, le professeur Ndaywel et son équipe s'inscrivent dans la logique de mettre en place un programme engagé avec des actions sur le rôle du musée pour une meilleure conservation des objets d'arts antiques, contemporaines et autres archives africaines. En effet, la construction d'un grand musée africain moderne, le dossier restitution des œuvres africaines par l'Europe, productions et promotions des arts plastiques, ont été centré des échanges.

Ils ont aussi développé sur la sauvegarde des Patrimoines de la mémoire, à savoir : Manuels de l'histoire et la mise en valeur de grands acteurs panafricains. Pour l'année 2021, les pays africains commémorent avec nitescence les 60 ans de la mort de Lumumba, les 70 ans de Simon Kimbangu et les 60 ans de la mort de Dag Hammarskjold. La Journée Mondiale sur la Culture Africaine et Afro descendante, (JMCA) qui est célébrée le 24 janvier de chaque année.

S'agissant de la culture, le panel s'est aussi penché sur l'aide à la création, exhibition culturelle. Au niveau interne, il a été proposé l'organisation d'un festival majeur qui consacrera un Grand prix du Chef de l'Etat...

Voici les propositions des experts congolais !

Après cette communication, renseigne-t-on, les experts ont réagi sur certains points importants et ont fait plusieurs propositions intéressantes.

Ils ont, notamment, plaidé pour l'adoption le plus tôt possible de la politique culturelle et la ratification de la charte sur la renaissance culturelle africaine par l'Assemblée nationale de la RDC.

Concernant le festival Grand prix du Chef de l'Etat, la tendance est allée vers le renforcement des moyens des autres festivals qui existent déjà au pays.

Pour ce, le Coordonnateur du CAC s'est engagé à élaborer un calendrier sur les différents évènements culturels congolais en 2021 et sera soumis au professeur Ndaywel.

Cette réunion entre les experts et le panel nommé par le Chef de l'Etat a permis surtout de détecter la hauteur du défi que lance l'Union Africaine à la RDC. Evidemment, le pays est appelé à œuvrer pour que les biens patrimoniaux, les arts créatifs et l'économie immatérielle fécondent une croissance économique génératrice de développement intégral et durable en Afrique. Ensuite, il est temps aussi que Félix Tshisekedi et son gouvernement puissent mettre en place des mécanismes pour la culture aussi bien en outil de consolidation de la paix, partout en Afrique, qu'en vecteur de la solidarité active entre les nations africaines, et enfin, en instrument du rapprochement fraternel des peuples et des communautés d'Afrique.

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