Sénégal: Colloque interreligieux sur «réligion et liberté» - Haro sur le «droit» à l'irrévérence et certaines dérives

9 Décembre 2020

La Fondation Konrad Adenauer a tenu hier, mardi 8 décembre 2020, son 12e colloque interreligieux «Plaidoyers pour un dialogue interreligieux» sous le thème : «Religion et liberté». Ce dialogue de 2020 qui est dédié à l'ancien sénateur feu Sidy Dieng, a vu la présence des acteurs religieux notamment musulmans et chrétiens. Pour Mbaye Diop, directeur des Droits humains au ministère de la Justice, le Sénégal a déjà une culture de dialogue qu'il faut renforcer parce que c'est une valeur et un acquis.

La religion, étant menacée dans le monde par les actes des hommes politiques ou des hommes qui s'en approprient pour faire du mal, appelle à plus de dialogue sincère pour lutter contre son instrumentalisation. Une religion n'étant pas une source de conflit, l'heure est à l'immunisation de toutes les religions contre les hommes politiques et pseudos religieux qui les utilisent à des fins personnelles.

C'est en substance ce qu'il faut retenir du traditionnel colloque «Plaidoyer pour le dialogue interreligieux», organisé hier, mardi 8 décembre et ce jusqu'à ce mercredi 9 décembre, à Dakar par la Fondation Konrad Adenauer, en partenariat avec l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, l'Association sénégalaise de coopération décentralisée (ASECOD), l'Ambassade d'Israël et Timbuktu Institute.

Le 12e colloque interreligieux, qui se tient sur deux jours, a comme thème : «Religion et Liberté». Une occasion pour les acteurs de magnifier la culture du dialogue au Sénégal, qu'ils appellent à renforcer parce qu'étant une valeur et un acquis. «Le Sénégal a une tradition de culture du dialogue, c'est une valeur et un acquis qu'il ne faut pas négliger», a dit le directeur des Droits humains au ministère de la Justice, Mbaye Diop, venu représenter son ministre de tutelle.

Selon lui, ce qu'on attend de l'Etat du Sénégal, c'est de continuer cette tradition. «Nous avons toujours vécu dans la paix et l'harmonie et c'est pour cela que le pays n'a pas donné de suite à une demande de soutien de quelques dessinateurs de presse internationale qui voulaient que le Sénégal les soutienne par rapport au droit à l'irrévérence», a fait savoir le directeur. «Le droit à l'irrévérence, c'est un glissement inacceptable qui donne lieu à des provocations inutiles. Le droit à l'irrévérence, c'est accepter que n'importe qui, sous prétexte d'être dessinateur ; puisse insulter des symboles aussi bien religieux que culturels. Et, dans le domaine de la religion, notre pays n'a pas donné suite», expliquera M. Mbaye.

Pour le directeur des Droits humains au ministère de la Justice, «du point de vu de la coexistence pacifique, nous n'avons pas besoin de droit à l'irrévérence. Il ne faut pas qu'on oublie que l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme sont des religions abrahamites», a-t-il rappelé. Et de noter : « qu'on se dise la vérité et qu'on arrête certaines dérives qui menacent notre stabilité. Il faut les dénoncer ; on ne peut pas accepter des gens qui menacent la stabilité».

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