Tunisie: Le SNJT a gagné une bataille et « suspend » sa grève

communiqué de presse

Dans la rue et dans les rédactions, on les reconnaissait à leur brassard rouge. Les grévistes du « Jour de la colère » - nom de leur mouvement de grève du 26 novembre piloté par le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) - auront finalement obtenu gain de cause

Alors que le SNJT, l'affilié de la FIJ en Tunisie, avait annoncé une grève massive dans tous les médias ce jeudi 10 décembre 2020, date symbolique de la Journée internationale des droits de l'Homme, le Premier ministre tunisien et le ministre des Affaires sociales ont convié de nouveau le SNJT autour de la table pour tenter de sortir d'une crise vieille de deux ans. Il s'agissait notamment de régler la cruciale question de la publication au Journal officiel de la Convention collective cadre, qui détaille par le menu les droits et les devoirs des journalistes. Cette publication aura bien lieu dans deux mois au maximum, en attendant que ce texte s'accorde avec les documents juridiques existants. Selon le gouvernement tunisien, ce n'est qu'une question technique, donc de temps.

« On a gagné une grande bataille, se réjouit Mohamed Yassine Jelassi, le Président du SNJT, mais on va rester très vigilants sur ce délai de deux mois. Ce texte est essentiel pour tous les journalistes tunisiens et il va changer le quotidien de beaucoup d'entre nous. Nous avons également obtenu que les 36 journalistes précaires reçoivent un CDI dans tous les médias étatiques et que des postes d'attachés de presse soient créés dans toutes les instances publiques pour les étudiants sortants de l'IPSI, l'Institut de presse et des sciences de l'information. Cela réduira aussi le chômage de nos consoeurs et confrères. »

« Le SNJT a aussi conclu un accord qui permettra d'accélérer le processus de cession des médias confisqués, poursuit le Président du SNJT. Il est également prévu l'organisation d'une conférence nationale sur les politiques publiques dans le domaine des médias, la nomination d'un PDG à la tête de l'Établissement de la Télévision tunisienne et la création d'une Agence nationale de gestion de la publicité publique. »

« Le SNJT, emmené par son président, n'a jamais baissé les bras et la détermination d'une équipe entière a été décisive dans ces dossiers qui prenaient, mois après mois, des allures de serpent de mer, a déclaré pour sa part Anthony Bellanger, le Secrétaire général de la FIJ. Nous nous félicitons également du soutien international des affiliés de la FIJ, dont a bénéficié le SNJT. Plus de 25 syndicats de tous les continents et deux fédérations régionales de la FIJ n'ont pas hésité à écrire directement au Premier ministre de Tunisie pour lui rappeler l'importance du dialogue social et des textes qui protègent les journalistes contre la précarité. Tous ces messages sont bien arrivés à destination et ont été bien entendus. »

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