Sénégal: Métiers des ARTs et de la Culture - Un centre de formation pour répondre aux besoins des acteurs

11 Décembre 2020

Au Sénégal, le secteur culturel et créatif, en dépit de son dynamisme, se heurte à un manque de qualification d'une bonne partie des acteurs. Pour faire face à cette situation, un centre de formation professionnelle et technique aux métiers des Arts et de la Culture vient d'être lancé par Africulturban, G Hip Hop et la Maison des Cultures urbaines de Dakar.

Une étape importante vient d'être franchie dans la structuration des cultures urbaines au Sénégal. Le Centre de formation professionnelle et technique aux métiers des Arts et de la Culture «Sénégal talents campus» porté par Africulturban, G Hip Hop et la Maison des Cultures urbaines de Dakar a été lancé, hier, en présence du ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, et de son collègue de l'Emploi, de la Formation professionnelle, de l'Apprentissage et de l'Insertion, Dame Diop.

Ce projet, dont la gestation a duré au moins deux ans, a été «conçu par des experts et des professionnels sénégalais en vue de la professionnalisation des jeunes évoluant dans les métiers des Arts et de la Culture».

Au-delà d'être innovant, il va remettre «la formation professionnelle au cœur des priorités pour la structuration des Arts et de la Culture par la mise en place d'un programme ayant une dimension nationale et sous-régionale en s'appuyant sur les plateformes déjà développées durant la dernière décennie comme des espaces de rassemblement des compétences et de transmission des savoirs».

Amadou Fall Ba et Malal Almamy Talla (Fou malade), coordinateurs de «Sénégal talents campus» peuvent être «fiers» d'avoir porté avec beaucoup de mérite ce projet dont l'aboutissement constitue un élément fondateur. Fondateur d'une nouvelle vision cherchant à faire des cultures urbaines un levier essentiel de création d'emplois et de richesse au Sénégal. «Fou malade» constate pour le regretter une absence d'une professionnalisation de qualité dans le secteur depuis 1960.

Aujourd'hui, avec ce centre, il s'agit de la suite logique «d'expériences professionnelles diverses, avec plus de quinze ans d'organisation de festivals et d'actions culturelles structurelles ayant permis de diagnostiquer les besoins du milieu des Arts et de la Culture, d'évaluer les potentialités». Mais aussi « d'asseoir par la suite les premiers jalons à travers des ateliers de formation.» Pour le président de G Hip hop, c'est l'occasion de rendre le secteur plus professionnel pour permettre aux acteurs d'en bénéficier.

5O millions de FCfa déjà dépensés

«Sénégal talents campus» va aider, explique Amadou Fall Ba, à combler le gap de la faiblesse des ressources humaines et à trouver l'équilibre entre les talents artistiques et les compétences techniques. Pour la phase pilote 2021-2023, 325 apprenants vont bénéficier de cette formation.

La Ville de Dakar, comme l'a rappelé le maire Soham El Wardini, va prendre en charge la formation de 25 apprenants femmes pour cette première cohorte. Elle s'engage aussi à accompagner le projet en abritant, par exemple, un de ses trois campus. Ce centre, souligne Mme Wardini, montre que les jeunes peuvent vaincre le désespoir. Les formations offertes par «Sénégal talents campus» sont constituées, entre autres, de Brevet de technicien supérieur (Bts), de Certificats de spécialité en sonorisation, création lumière, management artistique, élaboration de projet culturel... 50 millions de FCfa ont été mobilisés pour l'écriture des curricula, laquelle a regroupé de grands experts à l'image du professeur Ibrahima Wane, enseignant-chercheur à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Pour ce dernier, ce projet «est une part importante de l'histoire culturelle de notre pays» avec des curricula qui ont été élaborés par des compétences nationales informées des standards internationaux et de «nos» besoins.

«Sénégal talents campus» a reçu un appui important de l'État. Ce qui permettra d'assurer la gratuité de la formation dans la phase pilote du projet qui coûtera dans les 500 millions de FCfa. C'est ce qui traduit la présence des ministres Abdoulaye Diop et Dame Diop lors de cette cérémonie de lancement marquant aussi le début des inscriptions.

Pour le ministre de l'Emploi, de la Formation professionnelle, de l'Apprentissage et de l'Insertion, les cultures urbaines sont un secteur pourvoyeur d'emplois et de richesse. Il s'est félicité de l'aboutissement de ce projet non sans annoncer son désir de mettre sur pied un centre sur les métiers des cultures urbaines.

Le ministre de la Culture et de la Communication a soutenu que «Sénégal talents campus» constitue une des priorités des politiques publiques mises en œuvre par son département, dans le cadre du programme de promotion et de valorisation des industries culturelles et créatives. D'après Abdoulaye Diop, avec cette initiative, «nos» capacités nationales de production, de promotion et de diffusion culturelle s'enrichissent de formations diplomantes en sons et lumière, production, administration culturelle...

Plus de: Le Soleil

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