Ethiopie: Le HCR et le PAM viennent en aide à près de 50.000 réfugiés éthiopiens

Les réfugiés éthiopiens fuyant les affrontements dans la région du Tigré traversent la frontière avec le Soudan.
11 Décembre 2020

Le nombre d'Ethiopiens qui ont fuit les violences dans le nord de leur pays et trouvé refuge au Soudan voisin atteint désormais près de 50.000 personnes, a indiqué, vendredi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Parmi ces milliers de réfugiés éthiopiens ayant réussi à entrer dans la partie est du Soudan, « certains ont déclaré avoir dû fuir les groupes armés pour se mettre à l'abri et ont font état d'obstacles pour franchir les frontières », a déclaré le porte-parole du HCR, Babar Baloch, lors d'un point de presse à Genève.

Depuis le 6 décembre, le nombre d'Ethiopiens fuyant le conflit en cours dans la région septentrionale du Tigré tend à diminuer pour atteindre moins de 500 arrivées par jour. « Les récents groupes venant de régions plus profondes du Tigré arrivent faibles et épuisés, certains rapportant qu'ils ont passé deux semaines en fuite à l'intérieur de l'Ethiopie alors qu'ils se dirigeaient vers la frontière », a affirmé le porte-parole du HCR.

Les réfugiés éthiopiens ont raconté, aux équipes du HCR des récits déchirants de personnes arrêtées par des groupes armés et dépouillées de leurs biens. « Beaucoup ont passé du temps à se cacher dans les champs et les buissons pour éviter d'être repérés. Sans accès en Éthiopie, nous ne pouvons pas vérifier ces rapports inquiétants », a précisé M. Baloch.

A ce sujet, l'agence onusienne reste très préoccupé par la sécurité et la condition des réfugiés érythréens au Tigré qui ont été piégés par le conflit dans cette province éthiopienne. « Ils n'ont pas eu accès aux services et aux fournitures depuis plus d'un mois », a alerté M. Baloch.

Le HCR réitère l'appel « un accès sans entrave au Tigré »

Le HCR a réitéré l'appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour un accès sans entrave au Tigré afin d'atteindre les personnes dans le besoin. « Nous réitérons l'appel conjoint des Nations Unies à toutes les parties pour qu'elles permettent la liberté de mouvement des civils touchés qui cherchent de l'aide, de la sécurité et de la sûreté dans la région du Tigré ou en dehors des zones touchées. Cela inclut le respect et la défense du droit de traverser les frontières internationales pour demander l'asile », a insisté M. Baloch.

A l'intérieur du Soudan, le HCR continue également à éloigner les réfugiés de la frontière. Quelque 14.000 personnes ont été ainsi relocalisées dans le camp de réfugiés d'Um Rakuba. Par ailleurs, l'agence onusienne a constaté « une augmentation des demandes de recherche de familles, car beaucoup ont été séparées au début du conflit ou pendant la fuite et n'ont pas pu être contactées depuis ».

Sur le terrain, davantage de fournitures sont nécessaires, en particulier pour ceux qui prenaient des médicaments chroniques comme le diabète ou le VIH. Alors que les réfugiés continuent à vivre dans des conditions de surpeuplement, le HCR a également besoin d'un soutien pour prévenir la Covid-19, avec notamment davantage de stations de lavage des mains, de kits de protection individuelles.

A noter que mercredi dernier, le premier des cinq vols affrétés par l'agence onusienne a commencé à acheminer des fournitures humanitaires au Soudan. Au total, les vols en provenance de Dubaï et de Nairobi apporteront plus de 3.200 tentes, 75.000 couvertures, 45.000 matelas, 20.000 lampes solaires, 17.000 moustiquaires et plus de 8.000 bâches en plastique. Grâce à ces vols, le HCR a transporté par avion 440 tonnes d'aide humanitaire depuis le 27 novembre.

Le PAM a mis en place six centres d'approvisionnement pour le stockage de vivres au Soudan

De son côté, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) a jusqu'à présent fourni à plus de 48.000 réfugiés éthiopiens des rations mensuelles en nature, des biscuits à haute teneur énergétique ou des repas chauds fournis près de la frontière. Au total, l'agence onusienne a expédié suffisamment de nourriture pour nourrir 60.000 personnes pendant un mois.

De plus, le PAM a mis en place six centres d'approvisionnement pour le stockage de vivres et d'autres aides humanitaires vitales pour les réfugiés lorsqu'ils arrivent dans les camps. L'agence onusienne transporte également le personnel des organisations humanitaires dans les camps par le biais de son Service aérien d'aide humanitaire (UNHAS).

« Mais l'afflux de nouveaux arrivants mettra à rude épreuve la capacité du PAM à répondre aux besoins existants au Soudan alors qu'il doit faire face à de multiples crises dans le pays », a affirmé Tomson Phiri, le porte-parole de l'agence onusienne à Genève. Dans ces conditions, le PAM appelle les donateurs à financer ses opérations afin qu'elle puisse sauver des vies dans cette crise.

En attendant, le PAM fait face à un déficit de 153 millions de dollars pour ses opérations prévues au cours des six prochains mois au Soudan dont près de 15 millions de dollars pour les nouveaux réfugiés éthiopiens.

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