Centrafrique: Début de campagne sur fond de discours de haine

L'ex-président de la RCA François Bozizé (g.) et le président sortant Faustin-Archange Touadera
14 Décembre 2020

Les autorités tentent de combattre les discours de haine et les fausses nouvelles relayés sur les médias et les réseaux sociaux.

Comme partout ailleurs, les réseaux sociaux influencent les débats en République centrafricaine en colportant des informations pas toujours vérifiées.

Le problème toutefois est que les médias traditionnels sont eux aussi accusés de manipuler l'information.

C'est une préoccupation majeure pour les Centrafricains rencontrés dans les rues de Bangui.

"Un média c'est comme un arbitre, il doit être neutre en cette période. Le rôle des médias n'est pas de s'aligner derrière des partis politiques", estime un habitant.

Un autre appelle les décideurs à "surveiller de près" les médias qui propagent des discours de haine. "Je ne pourrais pas dire le nom de ces médias mais ce que je veux dire c'est arrêtons les injures et espérons que les élections se passent bien."

Yé Fanda, une initiative de blogueurs contre les infox

Face aux fausses nouvelles qui circulent sur internet, l'association des blogueurs est en train de créer un site de vérification.

"Nous allons lancer un site internet dénommé Yé Fanda : en sango cela veut dire preuve", explique Rosmond Zokoué, un de ses initiateurs. "La désinformation passe généralement à travers les médias et il y a des gens derrière ça. Une partie de notre travail consistera à apporter des démentis par rapport à ces fausses informations."

Certains médias considérés comme favorables à la Russie, comme la radio L'engo Songo et le quotidien Ndjoni Sango, mais aussi les médias d'Etat, tiennent des propos violents contre les membres de l'opposition.

Campagnes de diffamation contre des candidats

Des appels ont ainsi été lancés au mois de septembre pour une marche contre Anicet Georges Dologuélé.

François Bozizé et plusieurs autres ténors de l'opposition se plaignent aussi de ce qu'ils considèrent comme une campagne conduite contre eux sans droit de réponse.

Face à cela, le Haut conseil de la communication a pris la décision d'interdire deux émissions : le Club de la presse et le Grand rendez-vous sur la radio nationale à qui il est reproché de relayer des propos violents.

"Nous avons estimé nécessaire de mettre un accent sur la question d'impartialité et d'équité", déclare José Richard Pouambi, président du Haut conseil de la communication.

"Pour nous, ce sont des règles d'or en journalisme et les journalistes doivent faire montre d'impartialité."

Ces campagnes de diffamation sur les ondes et dans les journaux ont provoqué un durcissement de ton des leaders politiques qui ont ignoré l'offre de l'ONU et l'Union Africaine de signer un code de bonne conduite pour ces élections générales.

Plus de: DW

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