Afrique: Raul Chipenda - « Amener les entraineurs à un niveau supérieur »

interview

Raul Chipenda, le Directeur du Développement explique à CAFOnline.com les raisons de l'adoption d'un nouveau système de licences des entraineurs CAF. Il explique pourquoi la mise en conformité du staff technique des équipes permettra de développer le football.

Comment avons-nous abouti à l'introduction de ce nouveau système de licences d'entraineurs ?

En 2006, la CAF a décidé de mettre en place un système de formation accélérée pour les entraîneurs qui étaient actifs depuis de nombreuses années, qui avaient déjà remporté des compétitions nationales ou internationales, qui avaient une carrière de premier plan et qui avaient déjà participé à des tournois continentaux ou mondiaux. La CAF a appelé ces cours, des stages d'équivalence. Initialement, le projet visait l'intervalle de temps entre 2006 et 2009. Finalement la période a été prolongée jusqu'en 2012, puis jusqu'en 2014 et la vérité est qu'en 2017, ces types de cours étaient encore organisés.

Tout cela pour dire que les coachs les plus expérimentés avaient déjà obtenu un délai plus long que nécessaire afin qu'ils régularisent leur situation. Cependant pour les joueurs qui ont atteint un niveau exceptionnel à l'échelle nationale et internationale, il y a un article dans la Convention qui prévoit une procédure accélérée. Celle-ci permet à ces joueurs de haut niveau ou légendes du football de bénéficier d'une formation continue accélérée.

Il convient de préciser que même pour ces cas spéciaux, chacune des étapes de la formation et toutes les heures de cours sont respectées. De plus, ce sont ceux qui démontrent de bonnes qualités d'entraîneur et qui ont des notes réussies dans le processus d'évaluation qui peuvent voir leur processus de formation s'accélérer afin d'obtenir la Licence CAF A. Lorsqu'ils décrochent la licence CAF Pro, alors ils sont considérés comme tous les autres entraîneurs.

Ces mesures listées dans le nouveau règlement seront-elles un moyen de privilégier les entraîneurs locaux ?

Il est bon de commencer par expliquer la vision de la CAF, qui est essentiellement axée sur la qualité des entraîneurs. La CAF a suspendu l'organisation de cours d'entraîneurs en Afrique en juillet 2017, en raison de certaines irrégularités constatées avec certains cours. À ce moment-là, nous avons commencé à travailler sur la première Convention des Entraîneurs de la CAF. Ce travail s'est achevé en décembre 2018 et ce n'est pas, comme j'entends souvent du copier-coller, mais un travail qui a impliqué la Commission Technique et de Développement de la CAF, son groupe d'experts techniques et la direction de la CAF.

Depuis cette date, le projet de convention a été partagé avec les directeurs techniques des différentes fédérations (DTN) afin qu'ils soient prêts à implémenter les mesures édictées dans ledit document. En mars 2019, les cours d'entraîneurs ont repris, mais uniquement dans le cadre des diplômes CAF D et CAF C, puisque le reste ne serait accessible aux Associations Membres qu'une fois le processus de signature de la Convention de la CAF terminé.

En septembre 2019, le processus de candidature de la Convention des Entraîneurs de la CAF, qui contient 8 critères, a été envoyé à toutes les fédérations ; il s'agissait plus précisément de spécifier les documents à envoyer à la CAF afin de poursuivre le processus. C'est sans aucun doute l'étape la plus importante jamais franchie pour normaliser et améliorer la qualité des cours de formation en Afrique. Mais on ne pouvait pas s'arrêter là, il fallait motiver les différentes Associations Membres à investir dans la formation continue de leurs entraîneurs, d'où la décision de la Commission Technique et de Développement d'exiger aux entraineurs des Compétitions Interclubs une Licence CAF A. Sinon, nous aurions continué dans la situation dans laquelle nous nous trouvions.

Pour répondre à votre question, je pense qu'en misant sur la qualité de nos entraîneurs, il y aura plus d'opportunités dans le choix des entraîneurs pour que lorsqu'il s'agit de choisir un entraîneur, les Fédérations et les clubs donneront plus d'opportunités « à ceux qui sont à la maison ». Les règles et procédures de la Convention des Entraîneurs de la CAF (Convention CAF Coaching) font partie d'une procédure mondiale de reconnaissance mutuelle des diplômes d'entraîneurs entre confédérations. Par conséquent, ces règlements et procédures doivent être conformes aux principes internationaux de la formation des entraîneurs.

Pourquoi le respect de ces règles est-il essentiel ?

La réponse est simple : l'octroi de licences aux clubs fonctionne normalement comme le moteur du développement du football, que ce soit au niveau des fédérations ou des confédérations. Pourquoi ? Eh bien, parce que c'est à travers ce mécanisme que l'on pourra mettre en place des critères de participation aux compétitions et qui auront un grand impact sur le développement du football dans le pays ou sur le continent.

Aujourd'hui, nous parlons du niveau des entraîneurs pour encourager le développement de la formation des entraîneurs à travers le continent. Cela conduira les Associations Membres à mettre en œuvre les mêmes critères dans leurs pays et ainsi nous pourrons amener les entraîneurs à un niveau supérieur. Mais ça ne s'arrête pas là. Nous pouvons dès demain rendre obligatoire pour chaque club d'avoir une équipe féminine de football, d'avoir au moins deux équipes des jeunes U-15 et U-17 dans les deux sexes, etc.

Avec ces critères, nous allons « obliger » les clubs à investir dans le football féminin et dans le football des jeunes. Je pense donc que si nous voulons tous voir la qualité de notre football en général atteindre d'autres niveaux, nous devons élever la barre des exigences pour motiver le changement. Le changement apporte toujours une certaine résistance, mais avec l'aide de tous, nous pourrons réaliser ce à quoi nous aspirons tous, développer le football en Afrique.

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