Afrique Centrale: L'Initiative pour la forêt de l'Afrique centrale - Le pire est à craindre pour la prochaine décennie

communiqué de presse

Kinshasa, 10 décembre 2020 - L'Accord de partenariat de l'Initiative pour la forêt de l'Afrique centrale (CAFI) avec la RDC signé en 2016 arrive à terme à la fin du mois de décembre. Toutes les craintes d'il y a quatre ans se sont confirmées : les résultats de CAFI ont été catastrophiques - malgré les 156 millions de dollars décaissés.

« Le financement de CAFI en RDC a échoué à plusieurs reprises à induire un respect même minimal de la gouvernance forestière. Au contraire, il semble avoir encouragé des pratiques illégales au plus haut niveau de l'Etat. Rappelons qu'un décaissement de 41,2 millions de dollars au Fonds national REDD en octobre 2017 a été suivi par une attribution de titres illégaux en 2018 d'une ampleur sans précédent dans l'histoire moderne de l'exploitation forestière congolaise », a déclaré Irène Wabiwa, cheffe de projet forêts du bassin du Congo à Greenpeace Afrique.

L'enveloppe de la nouvelle lettre d'intention de 2021 à 2030 devrait atteindre le 1 milliard de dollars.

Vu le refus de CAFI de répondre aux lettres de Greenpeace Afrique ainsi que l'accord qu'elle a signé l'année dernière avec la République du Congo, ce n'est guère surprenant qu'elle cherche à renouveler son accord avec Kinshasa sans tirer les leçons, et aussi rapidement que possible.

« Au regard du pillage des forêts ininterrompu que nous constatons sur le terrain, les abus continus des droits des communautés locales et autochtones, ainsi que la largesse de CAFI, la signature d'une nouvelle lettre d'intention ne doit être envisagée et une halte immédiate aux décaissements s'impose », déclare Irène Wabiwa.

Pour une protection effective de la deuxième plus grande forêt tropicale au monde, Greenpeace Afrique estime qu'il est absolument nécessaire de transformer le moratoire existant sur l'octroi des nouveaux titres forestiers en une protection permanente. Au lieu de se précipiter pour la signature d'une nouvelle lettre d'Intention, le gouvernement congolais et CAFI doivent plutôt se focaliser sur des mécanismes qui, à priori, visent la protection des forêts en RDC.

« Au lieu de faciliter la levée du moratoire sur l'attribution de nouveaux titres forestiers industriels via la mise en place de toute une série de conditions habilitantes, CAFI doit faire en sorte que l'établissement d'un moratoire permanent soit inscrit dans tout nouvel accord. L'annulation des blocs pétroliers dans les parcs nationaux et dans les tourbières de la Cuvette centrale doit également être un préalable à la signature d'un nouvel accord », a déclaré Mme Wabiwa.

Alors que le Ministre de l'Environnement et Développement Durable fait la course à la montre pour bricoler un document de politique forestière avant l'éventuelle formation d'un nouveau gouvernement, CAFI reste muette sur l'action en justice entreprise par la société civile contre son autorisation, il y a un an, de la cession de deux millions d'hectares du territoire national par un entrepreneur chinois à une flopée de sociétés écrans.

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