Kenya: Rupture des relations diplomatiques entre le Kenya et la Somalie - C'est la confiance qui manque le plus

16 Décembre 2020
analyse

Le torchon brûle entre Naïrobi et Mogadiscio. Certes, la tension était déjà palpable entre les deux capitales kényane et somalienne dont les relations n'ont jamais été au beau fixe. Mais c'est la visite du président du Somaliland au Kenya pour 72 heures, qui aura mis le feu aux poudres.

Car illico presto, la Somalie a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec le pays de Uhuru Kenyatta, tout en dénonçant des « violations politiques récurrentes et éhontées du Kenya contre sa souveraineté ». Rappelons que le Somaliland est à la Somalie ce que le Front Polisario est au Maroc.

En effet, région autoproclamée indépendante, le Somaliland est considéré par les autorités de Mogadiscio comme faisant partie intégrante de la Somalie. Dérouler donc le tapis rouge aux dirigeants de ce pays non reconnu par la communauté internationale, ne pouvait donc qu'être perçu comme une provocation.

N'était-ce pas d'ailleurs l'objectif recherché par les autorités kényanes qui, on le sait, sont engagées dans un bras de fer avec la Somalie autour d'un territoire maritime pétrolifère ?

On a envie de soutenir par l'affirmative surtout quand on sait que le dossier doit, en principe, passer devant la Justice internationale en juin prochain. Et ce n'est pas tout. Car la Force africaine dont les soldats kényans sont plus nombreux dans la lutte contre les Shebabs, doit se retirer en 2021.

Les Kényans souhaitent rester mais les autorités somaliennes n'en veulent plus. Elles misent beaucoup plus sur le soutien de leurs alliés turcs et qataris qui font montre d'un activisme débordant dans la Corne de l'Afrique.

Pour toutes ces raisons, Nairobi et Mogadiscio se regardent en chiens de faïence. Tant et si bien que les deux capitales s'accusent mutuellement de viol de souveraineté de leurs territoires respectifs. Le dernier cas en date remonte à mars dernier où le Kenya accusait des soldats somaliens d'avoir fait une « incursion » sur son territoire et « détruit des propriétés de citoyens » et mener des « activités agressives et belligérantes ».

En fait, on ne le sait que trop bien. Même avant l'annonce de la rupture de leurs relations diplomatiques, il régnait une grande méfiance entre le Kenya et la Somalie qui soupçonne son voisin de soutenir souterrainement les indépendantistes du Jubaland. Ce qui n'est peut-être pas faux. Car, tout porte à croire que du fait du litige frontalier maritime, le Kenya entend faire du chantage aux autorités somaliennes en soutenant ouvertement le Somaliland.

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