Centrafrique: De quoi la coalition de groupes armés est-elle le nom?

Le centre ville de Bangui (archive)

La Centrafrique est touchée depuis jeudi par des mouvements d'hommes en armes importants. Six groupes armés (MPC, 3R, FPRC, UPC, anti-balaka aile Mokom, anti-balaka aile Ndomaté) ont signé le 15 décembre une déclaration commune dénonçant l'accord de paix. C'est la « déclaration de Kamba Kota », une localité du nord-ouest. Dans un autre document non signé qui aurait fuité, ils se font appeler la « Coalition des patriotes pour le changement ».

La déclaration est signée par six groupes armés, sans doute les plus puissants du pays. Il a été difficile, jusqu'à très récemment, de confirmer l'implication de l'ensemble de ces forces dans cette alliance. Notamment parce que le document n'a pas été signé par tous les chefs directement mais par des représentants.

Sur le terrain, la Minusca certifie l'implication du MPC, des 3R et des anti-balaka. L'UPC confirme son adhésion à cette coalition et une source sécuritaire témoigne de la mise en mouvement de certains de ses éléments. La situation du FPRC est moins lisible. Il se pourrait qu'une partie seulement de ses effectifs soient engagés dans les actions de la coalition.

Aujourd'hui, si les mouvements sur le terrain de ces différents groupes armés sont coordonnés, aucun leader n'a encore été mis en avant. Le gouvernement affirme que François Bozizé est à la tête de ce mouvement mais son parti, le KNK, réfute ces accusations. Cette coalition de groupes armés, pour certains rivaux et aux intérêts différents, semble avoir trouvé un terrain d'entente pour poursuivre ses objectifs. Certains pourraient utiliser cette opportunité pour négocier grâce à ce nouveau rapport de forces, d'autres pourraient avoir des intentions plus belliqueuses.

La crise est dans les esprits mais l'espoir demeure et la campagne se poursuit

Mais en dépit de la montée des violences et de la progression de groupes armés rebelles en direction de la capitale, Bangui, les Nations unies gardent le cap : celui de l'élection présidentielle du 27 décembre. Pas question d'envisager autre chose, rappelle Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies.

Les parties prenantes du monde politique doivent résoudre leurs différents de manière pacifique dans l'intérêt du peuple centrafricain qui a souffert pendant trop longtemps du conflit et de l'instabilité dans le pays.

Stéphane Dujarric

Et la situation était calme hier dans la capitale. La campagne électorale se poursuit timidement. En meeting, le président-candidat Faustin Archange Touadéra a réaffirmé que l'élection se tiendrait bien le 27 décembre malgré la crise sécuritaire en cours. Et la distribution des cartes d'électeurs a débuté comme prévu.

Parmi les premiers arrivés, Abderahmane. Il refuse d'imaginer que le scénario de 2013 se répéter, veut croire que dans la capitale au moins tout se passera bien

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