Centrafrique: Les vieux démons

Faustin-Archange Touadéra

Alors que le chemin du double scrutin présidentiel et législatif centrafricain du 27 décembre prochain est balisé, des obstacles surgissent de toutes parts. Lesquels essayent d'ajourner cette consultation démocratique capitale.

Le dernier émane certainement de la coalition de l'opposition COD-2020 qui a « exigé » hier le report des élections de dimanche. Avant-hier, le gouvernement centrafricain a dénoncé une tentative de coup d'Etat orchestré par l'ancien président François Bozizé et des bandes armées réunies sous la bannière des groupes 3R, Mouvement patriotique pour la Centrafrique et des Anti-balaka.

Ces bruits de bottes avait attiré l'attention de la communauté, il y a quelques jours. Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, Gilberto Da Piedada Verissimo et le représentant spécial du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies en Afrique centrale, François Loucény Fall, avaient alors été dépêchés auprès de l'ancien président François Bozizé et des représentants des groupes armés pour se rassurer que l'intention « de marcher sur la capitale Bangui » qu'une certaine opinion leur prêtait était dénuée de tout fondement. Les interlocuteurs locaux avaient rassuré les émissaires internationaux de ce que rien ne se tramait contre le processus électoral. Da Piedada et Louncény Fall sont repartis rassurés que le processus électoral centrafricain ne subissait aucune menace. Mais aussi et surtout que le peuple centrafricain pouvait choisir librement ses dirigeants. Cependant, les dérapages enregistrés, ces deux derniers jours, tendent à faire croire qu'il y a de nouveau péril en la demeure.

Toujours est-il que personne n'a intérêt à réveiller les vieux démons de la haine, de la division et de la guerre. La République centrafricaine en a tellement souffert qu'entre 2013 et 2016, le pays a été ébranlé à cause du conflit opposant les anti-balaka aux Séléka. Les Centrafricains n'ont pas oublié que ce conflit est né de la chute de François Bozizé et de la prise du pouvoir par Michel Djotodia. Ils n'ont pas perdu de vue que depuis son indépendance, l'histoire de leur pays a été marquée par une demi-dizaine de coups d'Etat miliaires. D'où le devoir de maintenir le cap vers les élections de dimanche prochain. De sorte que les Centrafricains choisissent librement leurs dirigeants.

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