Cote d'Ivoire: Reprise du diaogue politique / Hamed Bakayoko - "Notre démocratie se construit à travers les différentes épreuves que nous traversons"

Ado-Bedie
22 Décembre 2020

Monsieur le Ministre d'Etat ;

-Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

-Mesdames et Messieurs les Responsables des partis politiques ;

-Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations de la société civile,

-Mesdames et Messieurs,

Je voudrais au nom du président de la République ainsi qu'en mon nom personnel, vous remercier pour avoir répondu à l'invitation du gouvernement à prendre part à cette session du dialogue qui s'ouvre ce jour.

Le lundi 14 décembre 2020, le président de la République a prêté serment au terme du processus électoral, qui a abouti à la tenue de l'élection présidentielle du 31 octobre 2020. Dans son adresse solennelle à la Nation, à cette occasion, SEM Alassane Ouattara, président de la République, a instruit le Premier ministre et le gouvernement à l'effet « de reprendre les discussions avec les partis politiques pour mettre en œuvre les recommandations de la CEDEAO relatives à la Commission Electorale Indépendante, dans la perspective de la tenue des élections législatives dans le courant du premier trimestre 2021, afin d'être en conformité avec le calendrier de la mise en place des Institutions de la IIIème République».

Je suis heureux de procéder, ce jour, lundi 21 décembre 2020, à l'ouverture du dialogue politique entre le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile. Cette rencontre est conforme à la tradition de dialogue politique qui a toujours caractérisé notre pays, notamment au cours de la décennie écoulée.

En effet, les différents Premiers ministres qui se sont succédé à la tête du gouvernement ont toujours su engager utilement le nécessaire dialogue avec les partis politiques et les organisations de la société civile.

Ainsi, le Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio a conduit, les 27 et 28 avril 2012 à Grand-Bassam, un conclave de relance du dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition pour la paix et la réconciliation qui a permis d'amorcer le processus de retour des exilés politiques.

Dans la continuité de cette initiative, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan a animé à partir du 07 janvier 2013, plusieurs rencontres avec les partis politiques au sein d'un Cadre Permanent de Dialogue (CPD), mis en place au terme du conclave de Grand-Bassam. Mon prédécesseur, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a longuement échangé avec les partis politiques et la société civile du 21 janvier au 21 octobre 2019, pour la première phase de ce dialogue, qui a porté sur la recomposition de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et les questions connexes.

Ce dialogue s'est poursuivi, dans sa seconde phase, du 09 janvier au 17 février 2020, sur le Code électoral, toujours dans le cadre de la préparation du scrutin présidentiel. Aujourd'hui, nous renouons les fils du dialogue après l'élection présidentielle du samedi 31 octobre 2020. Notre pays a connu pendant cette période électorale un climat de tension et de violence dans certaines localités.

Je me réjouis donc de la qualité des personnalités autour de cette table. C'est la preuve du retour à un environnement apaisé dans notre pays. Mesdames et Messieurs, Je voudrais rappeler que dans le cadre des activités préparatoires du scrutin présidentiel du 31 octobre dernier, une partie de la classe poli tique et de la société civile a exprimé des préoccupations liées à l'organe chargé des élections et à l'environnement électoral.

Le gouvernement, sur instruction du président de la République, a conduit deux sessions distinctes du dialogue politique au cours desquelles ont été adressés respectivement la question de la réforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et l'ajustement du code électoral, rendu nécessaire par les nouvelles dispositions constitutionnelles et la nécessité de faire évoluer notre cadre légal en matière d'élection.

Ces rencontres auxquelles vous avez pris part ont permis, au-delà des résultats, d'établir que le dialogue est possible entre les acteurs politiques ivoiriens, quelles que soient les divergences de vues autour d'une question adressée. Au demeurant, les résultats obtenus aux termes desdites sessions ont été également la preuve qu'entre les formations politiques, le dialogue peut aboutir à des points d'accord sur des problèmes qui cristallisent au départ des positions totalement opposées.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, le président de la République n'a de cesse, chaque fois que les questions d'intérêt national divisent la classe politique, d'ouvrir des cadres d'échanges afin de rapprocher les positions. Mesdames et Messieurs, Notre démocratie se construit à travers les différentes épreuves que nous traversons.

Les chapelles politiques qui sont le creuset d'expression des opinions doivent promouvoir leur vision, chercher l'adhésion des populations à leur projet de société et conquérir le pouvoir sans violence. Les élections législatives qui permettent de désigner les élus de la représentation nationale sont aussi des consultations importantes pour la démocratie dans un pays. A la veille des échéances des législatives, nous pouvons dans la concertation prendre des décisions appropriées afin qu'au lendemain des législatives nous puissions célébrer la victoire de la démocratie.

Le Président de la République a instruit le gouvernement d'engager des discussions avec vous, responsables des partis politiques et responsables des organisations de la société civile pour identifier les points d'achoppement sur la CEI qui ont empêché que tous les membres siègent tout au long du processus, tant dans les organes centraux que dans les organes locaux.

C'est le lieu de rappeler qu'à la veille du scrutin présidentiel, la CEDEAO a effectué une mission ministérielle de diplomatie préventive au terme de laquelle, le gouvernement a pris l'engagement d'examiner favorablement les points suivants : -l'intégration d'une cinquième personnalité à la commission centrale de la commission électorale indépendante au titre de l'opposition, -l'octroi d'un poste de vice-président au PDCI dans le bureau de la commission centrale de la CEI, et la recomposition des CEI locales.

Mesdames et messieurs,

Le gouvernement sera également attentif à toutes les préoccupations liées aux élections à venir. Car, il s'agit de relever le défi d'un pays stable et démocratique. Cette séance plénière se veut une réunion de lancement au cours de laquelle nous devrons nous accorder sur les thèmes qui seront au centre de nos discussions, sur le format et le calendrier de discussion.

Merci d'être venus à cette table de discussion. Notre pays doit poursuivre sa dynamique de développement et de croissance dans la paix. Rassemblons-nous autour des valeurs essentielles qui fondent la capacité d'un pays à maintenir sa marche vers le développement et assurer le bien-être de ses populations. Je voudrais vous dire que notre état d'esprit en venant à cette rencontre, est de pouvoir nous parler franchement, pour faire avancer notre pays dans la paix.

Bien heureusement, toutes les personnalités ici présentes ou représentées se connaissent dans ce pays. Il y a des liens de famille, d'amitié, de fraternité entre les uns et les autres. Il y a eu même des liens politiques, des liens d'alliances politiques entre nous. Nous nous connaissons tous. Nous avons en commun notre pays.

Parlons-nous franchement, sans défiance, sans arrière calcul pour la paix pour faire avancer notre pays. En tant que chef du gouvernement je veux vous dire ma pleine disponibilité à aborder toutes les questions et je le répète, bien heureusement, chacune des parties ici présentes a eu l'occasion de gouverner ce pays.

Chacun connaît les contraintes du gouvernement, chacun connaît les préoccupations de l'opposition. Mais, il s'agit de notre pays. Ça ne sert à rien de nous retrouver toujours trop tard. Nous pouvons faire l'économie des situations toujours bien regrettables. C'est vrai qu'en politique, il faut toujours discuter le cœur ouvert.

Parce que malheureusement, les faits sont têtus et s'imposent à nous. Les réalités du quotidien s'imposent à nous et on est toujours en train de courir après des situations compliquées. Je vous invite à l'occasion de ce débat que nous puissions nous élever et faire la preuve que nous regardons notre pays, nos populations, nos militants qui souffrent à chaque fois qu'il y a des crises et que nous regardons l'intérêt supérieur de la nation.

Le gouvernement fera tout ce qui est de son possible pour faire avancer les choses ; je compte sur vous pour qu'il y ait également l'esprit d'ouverture. Car, si on passe de préalables en préalables, pour empêcher de faire avancer les choses, nous ne progresserons pas ; il faut voir comment nous parler sincèrement.

Je le dis parce qu'en ce qui me concerne personnellement, j'ai fait les jeunesses du PDCI autour du professeur Ouégnin, j'ai rédigé des tracts dans la résidence de Niamkey Koffi avec le professeur Kipré ; j'étais au gouvernement de réconciliation avec Madame Christine Konan, avec Appiah qui est là. On se connait tous. Et, entre certains il y a des liens de famille ; il ne sert à rien de se battre. Nous pouvons offrir autre chose à notre pays. C'est-à-dire plus de paix et de stabilité. Je vous remercie.

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