Maroc: Trois questions au Pr. Mehdi Karkouri, président de l'ALCS

interview

Casablanca — A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, placée cette année sous le thème "Solidarité mondiale et responsabilité partagée", le président de l'Association de lutte contre le sida (ALCS), le Pr. Mehdi Karkouri, fait le point sur les efforts déployés au Maroc dans ce domaine et la manière de traiter efficacement cette maladie, particulièrement en cette conjoncture exceptionnelle marquée par la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19).

Quel bilan faites-vous des efforts de lutte contre le sida engagés au Maroc?

Le Maroc est l'un des rares rares pays au Moyen-Orient et en Afrique du nord qui est parvenu à réduire le nombre de personnes touchées par la maladie d'année en année, grâce au programme national dédié.

Cette performance constitue un acquis indéniable pour le Maroc. Ce n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat de 30 années d'actions inlassables menées par le ministère de la Santé et la société civile.

Concernant le nombre de personnes atteintes du sida au Maroc, cela se chiffre, selon le ministère, à 21.500, dont 70 pc diagnostiqués suivent leur traitement gracieusement, via les différentes structures de ce département, alors que 30 pc ignorent qu'elles sont porteuses du virus.

Quelles sont les mesures que les malades du sida doivent respecter?

Le porteur du virus ne se rend compte de sa maladie qu'après des années de sa contamination, d'où la nécessité de faire les analyses avant l'apparition des symptômes pour entamer la trithérapie qui permet de limiter la reproduction du virus dans l'organisme.

Le porteur du virus, dans ce cas, devient comme une personne souffrant d'une maladie chronique, vu que le traitement empêche le développement des symptômes et réduit la charge virale dans le corps, ce qui atténue la probabilité de transmission, alors que si le traitement est arrêté, les symptômes resurgissent.

La société civile accomplit sa part de responsabilité dans l'action de sensibilisation, à l'image de l'ALCS qui œuvre, en collaboration avec le ministère de la santé, pour une lutte efficace contre la maladie et la prise en charge sociale des personnes atteintes, notamment celles en situation précaire, afin de leur permettre d'accéder au traitement.

Y a-t-il un impact du coronavirus sur l'opération de lutte contre le sida?

Il n'y a pas de doute que la pandémie a eu des répercussions sur ce travail, notamment la suspension des campagnes de sensibilisation, le diagnostic précoce, la prévention durant la période du confinement et les difficultés de déplacement pour effectuer les analyses nécessaires, entre autres.

Pour les personnes vivant avec le VIH et qui sont sous traitement, de manière régulière, elles ne sont pas tenues de prendre des mesures supplémentaires, mais elles doivent, comme tout le monde, se conformer aux mesures préventives décidées par les autorités compétentes dans le combat contre la propagation du nouveau coronavirus.

Pour ce qui est de la prise en charge des personnes atteintes en cette conjoncture sanitaire exceptionnelle, le ministère de la Santé avait réaffirmé poursuivre la protection des personnes vivant avec le VIH, en collaboration avec l'ensemble des partenaires et à travers la mobilisation des ressources nécessaires.

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