Cote d'Ivoire: Participation FPI Gbagbo aux prochaines élections - Signe annonciateur du retour du Woody

Le Front populaire ivoirien (Fpi) reste convaincu que la détention de Laurent Gbagbo est un « complot planifié de longue date ».

L'information a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans l'opinion publique ivoirienne. Dans un communiqué, le FPI tendance Laurent Gbagbo a annoncé sa participation aux élections générales de mars 2021. « Le Front populaire ivoirien (FPI), tout en continuant résolument le combat pour la création d'un cadre consensuel pour l'organisation d'élections justes et transparentes, participera aux élections législatives, municipales et régionales et se donnera, en concertation avec ses partenaires de la coalition des plateformes de l'opposition ivoirienne, notamment avec le PDCI/RDA, les moyens de les gagner ».

Ainsi, après 10 ans de boycott systématique de tous les scrutins organisés depuis la chute de leur président transféré à La Haye où il a été jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité puis acquitté, les fidèles de Laurent Gbagbo renouent avec les urnes. Une décision qui aurait été prise avec l'aval de l'enfant terrible de Mama actuellement en liberté conditionnelle à Bruxelles. Mieux, elle intervient seulement quelques semaines après la délivrance de passeports ordinaire et diplomatique à l'illustre exilé qui, sitôt les précieux sésames obtenus, a annoncé son intention de retourner dans son pays dans les plus brefs délais. Pour autant faut-il y voir le fruit d'un accord secret entre les irréductibles du FPI pro-Gbagbo et le gouvernement ivoirien ? En tout cas, difficile de ne pas faire un lien lorsque l'on apprend que le secrétaire général du parti, Assoa Adou, a été instruit par son mentor de prendre langue avec les autorités d'Abidjan afin de faciliter le retour tant attendu.

Il est également loisible de constater un changement de ton et même d'attitude de ce FPI dit originel qui saisit la main, voire tout le bras, tendue des autorités qui ont fait de la réconciliation nationale l'une des priorités du 3e mandat d'Alassane Ouattara. En effet, dans le même communiqué annonçant sa participation aux prochaines échéances, le parti indique qu'il « répondra à toutes les invitations du gouvernement au dialogue politique qui doit porter sur l'ensemble des conditions pouvant permettre de restaurer la démocratie et une paix durable en Côte d'Ivoire ».

Ce retour des pro-Gbagbo dans le processus électoral sera-t-il du goût de l'opposition dans son ensemble ? Rien n'est moins sûr quand on se rappelle qu'après la chute de Gbagbo, père fondateur du FPI, sa famille politique s'était livrée à une guerre de succession qui avait abouti à une scission. Une branche menée par l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, arrivé 2e à la présidentielle de 2015, avait vite fait de se placer sous l'aile du RDR d'ADO tandis que l'autre, restée fidèle au Woody, avait fait du retour de ce dernier la condition sine qua non de toute participation à des élections. Déjà, suite à l'annonce du retour des pro-Gbagbo dans la compétition électorale, leurs frères ennemis de la tendance officiellement reconnue n'ont pas tardé à annoncer la couleur. Pas question que les revenants se présentent sous l'étiquette du FPI dont ils ont désormais le monopole et la légitimité qui va avec... Ambiance.

Plus de: L'Observateur Paalga

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