Sénégal: Kaolack / Rappel à Dieu de Seyda Mariama Niasse - Médina Baye perd une icône de l'éducation

28 Décembre 2020

Décédée à l'âge de 88 ans avant-hier, samedi 26 décembre, à Dakar, Cheikha Mariama Niasse va être inhumée à Médina Baye, à Kaolack, ce lundi 28 décembre à 17 heures. Son rappel à Dieu constitue une grande perte pour l'Islam.

La famille (religieuse) Niassène de Médina Baye continue d'être éprouvée, cette année 2020, par les décès successifs d'illustres filles et fils du fondateur de cette cité religieuse, Baye, feu El Hadji Ibrahima Niasse dit Baye. Ce quartier religieux situé sur la partie Nord-est de Kaolack vient d'être endeuillé, pour une nouvelle fois encore, par la perte cruelle de son icône de l'éducation religieuse, Seyda Mariama Niasse. Une Dame hors du commun qui, toute sa vie durant, a consacré l'essentiel de ses activités à l'éducation islamique, au Coran, aux Hadiths (dits et recommandations du Prophète Musulman, Mohamed (Psl), et à la Sunnah de ce Sceau des Messagers de Dieu.

Dès son tendre enfance, après son apprentissage du Coran, d'ailleurs couronné de succès, et d'élogieuses études qui s'en sont suivies, cette particularité et autre distinction qu'on lui reconnaît aujourd'hui, commençaient déjà à se forger en elle. Et beaucoup parmi les femmes avec qui elle cohabitait elle avaient entière confiance en elle et n'hésitaient guère à lui confier l'éducation de leurs enfants. Ce que le désormais feue Seyda Mariama Niasse accueillait avec beaucoup de satisfaction et n'hésitait guère à mouiller le maillot pour assurer un avenir radieux à toutes ses bandes juvéniles. Mais la locataire de l'avenue Malick Sy était aussi parmi les filles de Baye Niasse qui ont toujours voulu faire de ce parent une référence. Et toutes leurs actions et les actes posés répondaient à cette volonté, jusqu'en cette journée du samedi 26 décembre où elle a poussé son dernier souffle sur terre. Ses nombreux voyages à travers différents pays du monde s'inscrivaient dans la dynamique de suivre les traces de son père dont l'essentiel de l'œuvre consistait à répandre les principes de l'Islam, les recommandations du Prophète Mohamed (Psl) ou ceux du vénéré Cheikhna Ahmed Tidiane Chérif, l'éclaireur de la Tarikha à laquelle ils appartiennent tous.

En Mauritanie, Nigeria, Ghana, Sierra Leone, Niger, Europe et aux États-Unis, partout Seyda Mariama Niasse a toujours été fidèle à ses convictions. Et beaucoup parmi les fidèles de son père Baye l'admiraient, non pas en tant que femme dévolue, mais surtout en sa qualité de bâtisseur d'un Islam moderne, de paix et de bonheur. A Dakar, elle a été la première dame à installer des complexes d'éducation religieuse et a réussi à offrir le savoir à des milliers et des milliers de personnes. Et, de génération en génération, cette chaîne de transmission du savoir et des valeurs de l'Islam tourne inlassablement partout au sein de ces établissements-internats, comme pour suivre un travail promu à la postérité. L'inhumation de Cheikha Mariama Niasse est prévue, ce lundi 28 décembre, à 17 heures, à Médina Baye à Kaolack. Elle est décédée à l'âge de 88 ans, avant-hier samedi. Seyda Mariama Niasse est née, en 1932, à Kossi, un village situé à une dizaine de kilomètres de Kaolack.

SAYDA MARIAMA NIASSE : Profil de la «Yaye Boy» de milliers de disciples

"Vous savez je me lève tous les jours à 4 heures du matin. Ensuite, je réveille les enfants, et l'on apprend le Coran jusqu'à la prière de l'aube. Après la prière, ils rejoignent l'école coranique et moi, je me recouche un peu. On continue sur ce rythme toute la journée à leur retour de l'école. Mais c'est une activité qui me comble". Une déclaration de Sayda Mariama Niass qui, rapporte Emedia, en dit long sur le sens de son engagement au service de l'Islam et de l'enseignement coranique. C'est cette dame que la Ouma islamique pleure depuis avant-hier, samedi 26 décembre 2020, date de son décès, à Dakar.

Sayda Mariama Niass, décédée à l'âge de 88 ans hier, est née, en 1932, à Kossi, un village situé à une dizaine de kilomètres de Kaolack. C'est à l'âge de 5 ans qu'elle a intégré le Daara de Cheikh Muhammad Wuld Rabbani, grand érudit mauritanien qui enseignait le Coran à la plupart des enfants de Baye Niass. Par la suite, elle a ouvert des centaines de Daaras pour servir l'Islam et le Coran toute sa vie durant. "J'aime infiniment le Coran et son enseignement. Jusqu'à ce matin encore j'ai enseigné le Coran. Je ne fais que ça et je le ferais encore tant que ma santé me le permettra. (... ) Une fois, un ministre algérien était venu à la maison me rendre visite et j'avais appelé les enfants pour qu'ils lui récitent des versets du Coran comme cela se fait de coutume ici. On a commencé à discuter, je lui ai servi à boire et, après, il m'a demandé de lui montrer mon école. Je lui ai alors répondu que c'était ça mon école, une chambre où les enfants venaient apprendre le Coran. Il s'est alors étonné et n'en croyait pas ses oreilles. Il m'a ensuite demandé comment je faisais quand il n'y avait plus de places dans la chambre. Je lui ai dit qu'on ouvrait alors le salon.

A la suite de ça, je m'étais rendue un jour au Nigeria et de là-bas, on m'a appelée de Dakar pour me dire que les Algériens avaient acheminé du matériel de construction à la maison. Le ministre m'a alors remis, à mon retour, 45 millions et m'a dit que c'était pour l'achat d'une maison mieux lotie. C'est avec cet argent que j'ai acheté la maison de Mermoz", confiait elle, dans une interview accordée à Faydatidianiya.com. Éducatrice de renom et amie du savoir, « Yaye Boy », comme l'appelle affectueusement ses disciples est l'un des promoteurs de l'enseignement franco islamique au Sénégal. Des jeunes de différentes nationalités (sénégalaises, nigérianes, gambiennes, etc) apprennent le Saint Coran et la Souna du Prophète, dans ses internats

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